Ouverte depuis 1975, la mercerie Clabaud, anciennement Singer, située au 1 bis rue du Théâtre, juste en face de l'Hôtel de Ville de Mimizan, cherche un repreneur. Christine Clabaud, la propriétaire âgée de 68 ans, se dit « épuisée » par sa situation et rêve de prendre sa retraite.
Un commerce de famille depuis 1975
Le local est occupé par la famille Clabaud depuis 1975. D'abord par les parents, puis par Christine, la fille, depuis 1987. Aujourd'hui âgée de 68 ans, cette Montoise de naissance confie : « Cela fait vingt-huit ans que je n'ai pas pris une semaine de vacances. » Dans sa boutique, des centaines de tissus différents sont exposés : laines, cotons, jerseys, des matières venues d'Italie pour la plupart, même si certaines pièces françaises subsistent. Elle montre un rouleau de tissu bleu marine : « Il date des années 1990, c'est rare aujourd'hui de s'en procurer. C'est de très bonne qualité », explique-t-elle en caressant l'étoffe.
Des difficultés financières et un métier qui a changé
Christine Clabaud souhaite trouver un repreneur pour son fonds de commerce. « Au pire, que quelqu'un rachète mes tissus que je puisse changer de vie », souffle-t-elle. En près de quarante ans de mercerie, elle a vu son métier évoluer grandement. Ce qui lui plaît, le contact avec les clients, elle peine à le trouver aujourd'hui. « Souvent j'ai des téléphones sur pattes qui viennent à la boutique. Ils me disent "je veux ça", sans discuter », déplore-t-elle.
Avant l'arrivée du téléphone portable, elle effectuait des tournées dans les différents villages du département pour démarcher les clients. « On était une franchise Singer, alors en plus du tissu, on essayait de vendre des machines à coudre. C'était très humain comme fonctionnement. » Aujourd'hui, si elle possède une clientèle d'habitués, plus ou moins régulière, elle avoue que les temps sont durs. « Il est de plus en plus rare que je fasse une journée où je rentre 150 euros », précise-t-elle. Il devient même fréquent qu'elle ne fasse presque aucune vente de la journée. « Des clients viennent pour acheter des petits bouts de tissus qui valent à peine quelques centimes, et paient par carte. Je perds de l'argent dessus. »
Un projet de retraite tourné vers le dessin
L'argent n'est pas sa priorité. « Ce que je veux, c'est juste être tranquille, sans me prendre la tête. » Christine Clabaud souhaiterait se remettre au dessin, une passion laissée de côté depuis plusieurs années, mais dont elle tire un plaisir fou. Dans son escalier, un dessin de fleurs est accroché. Elle voudrait en faire des centaines comme celui-ci. « Du dessin et mes chats avec moi, et je suis la plus heureuse », assure-t-elle.
Mimizan a fait son temps pour la sexagénaire. Aujourd'hui, son corps est usé. Elle souffre d'arthrose sur une grande partie du corps, ce qui limite ses mouvements. La commerçante a pour projet de retourner dans la maison familiale à Pontenx pour y passer sa retraite, proche de son fils, avec qui elle vit. « J'adore Mimizan, j'y ai passé de très beaux moments, mais aujourd'hui j'ai besoin de partir. » Un départ qui pourrait laisser place à une nouvelle arrivée : Christine Clabaud espère qu'un nouveau commerçant la remplacera. Une mercerie ou autre chose, peu importe pour elle.



