Un accord a été trouvé entre députés et sénateurs ce mercredi 17 juin sur la proposition de loi destinée à enrayer l'essor de la « fast-fashion », deux ans après le début de son chemin parlementaire. Au prix d'un texte vidé de sa capacité contraignante, regrette Flore Berlin, de l'association En mode climat.
Beaucoup d'attente pour peu de résultat. Plus de deux ans après son vote à l'unanimité à l'Assemblée nationale, la proposition de loi sur la « fast-fashion » a fait son dernier tour de piste au Parlement ce mercredi 17 juin lors d'un passage en commission mixte paritaire (CMP). Un cénacle dans lequel des députés et sénateurs doivent se mettre d'accord sur la version définitive d'un texte.
Hasard du calendrier, Refashion, l'éco-organisme mandaté par l'État pour gérer la filière textile, a dévoilé le même jour des données montrant que les Français avaient acheté plus de vêtements neufs en 2025 qu'en 2024.
Un texte édulcoré
Si le nouveau texte est salué par les parlementaires, qui devraient l'adopter définitivement d'ici la fin juin, il s'éloigne logiquement de la proposition de loi initiale, déposée par la députée Horizons Anne-Cécile Violland. Celle-ci visait à lutter contre la fast-fashion dans son ensemble, avec des mesures contraignantes comme l'interdiction de la publicité pour les vêtements jetables ou l'instauration d'une taxe sur les produits à bas coût.
« On ne peut plus parler d'une loi “fast-fashion”, c'est une opportunité ratée d'être pionnier en Europe », déplore Flore Berlin, d'En mode climat. Selon elle, le texte final est « vidé de sa substance » et ne permettra pas de freiner la surconsommation textile.
Des mesures insuffisantes
Parmi les dispositions maintenues, on trouve un affichage environnemental obligatoire et un bonus-malus pour les producteurs. Mais les sanctions financières ont été réduites et les délais d'application repoussés. « Les lobbies du textile ont gagné », estime Flore Berlin, qui appelle à une mobilisation citoyenne pour exiger des mesures plus ambitieuses.
L'association En mode climat, qui milite pour une mode durable, regrette que la France n'ait pas saisi cette chance d'être précurseur en Europe. « D'autres pays comme l'Allemagne ou les Pays-Bas travaillent sur des textes plus contraignants », rappelle-t-elle.
De son côté, le gouvernement se félicite d'un « compromis équilibré » qui préserve la compétitivité des entreprises tout en encourageant des pratiques plus responsables. Mais pour les associations, le compte n'y est pas.



