Inflation : à Carnon, les vacanciers réduisent la durée et les dépenses
Inflation : à Carnon, les vacanciers réduisent la durée

L'inflation, qui a atteint 2,1 % sur un an en juillet 2026 selon l'Insee, contraint les vacanciers de Carnon, station balnéaire de l'Hérault, à réduire la durée de leurs séjours et leurs dépenses sur place. Entre la baisse des réservations dans les agences locales, la fréquentation en repli dans les restaurants et la diminution du panier moyen dans les boutiques, le constat est partagé par les professionnels et les touristes rencontrés par Midi Libre.

Des vacanciers qui raccourcissent leur séjour

Sur le port de Carnon, un matin d'août, les vacanciers profitent de leurs derniers jours au soleil, mais cette escapade pèse sur le budget annuel. Fanny Fayret, en vacances avec son fils, témoigne : « On part une semaine plutôt que deux. » Cette tendance est confirmée par Louis S., qui travaille à l'agence de locations saisonnières l'Espadon : « Les gens partent sur des moins longues durées. »

L'agence a enregistré 48 réservations en juillet, contre 63 l'année précédente. Louis S. observe également une évolution des comportements : « Ça fait des années que la demande descend. Il y a beaucoup de dernière minute. Les gens essaient de négocier. Certains veulent partir à l'étranger et ne peuvent pas donc ils viennent plutôt ici. »

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Les restaurants et commerces touchés par la baisse de la consommation

Sonia Pombo, gérante du restaurant Loù Bastidoù depuis 2021, constate une hausse des prix : « À l'époque, on faisait l'entrecôte à 24-25 €. Aujourd'hui, on est plutôt autour de 33-35 €. On tourne avec notre clientèle fidèle mais on n'a moins de personnes qui viennent tester. Ils n'ont plus les moyens. »

Les vacanciers adaptent leurs habitudes. Fanny Fayret explique : « On ne va pas trop au restaurant, on préfère manger à l'appartement. » Même son de cloche pour la famille d'Hervé Audinet et de Myriam Barbier : « À quatre au restaurant avec les enfants, ça monte très vite donc on n'en fait pas beaucoup. »

Dans le commerce de prêt-à-porter, Alexandre, gérant de la boutique En mode Mady depuis 2023, observe une baisse des ventes. La moyenne des achats est passée de 29 à 24 €. « Ici on est sur des achats plaisirs et les gens se font moins plaisir », résume-t-il.

Des stratégies pour réduire les coûts

Face à la hausse des prix, les vacanciers ajustent leurs trajets. Fanny Fayret, originaire de l'Aveyron, privilégie la fenêtre maritime la plus proche de chez elle « par rapport au prix du carburant ». La famille de Myriam et Hervé, originaire des Vosges, a dû faire trois pleins pour rejoindre son lieu de vacances et a emporté des vélos pour limiter les déplacements en voiture.

Certains n'hésitent pas à franchir les frontières. Hervé envisage de passer en Espagne, où les prix sont selon lui moins chers : « On préfère toujours faire 1 h 30 de plus en voiture et payer moins cher sur place. »

Pour d'autres, Carnon reste une destination abordable. Nelly et Stéphane, un couple haut-savoyard habitant près de la frontière suisse, témoignent : « Ici à Carnon tout nous paraît moins cher, les restaurants sont plus abordables. »

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