L'UE enquête sur Shein pour des poupées pédopornographiques et des manquements au DSA
Enquête de l'UE contre Shein pour poupées pédopornographiques

L'Union européenne lance une enquête majeure contre Shein

Après l'échec de l'État français à bloquer la plateforme à l'échelle nationale, l'Union européenne a ouvert mardi une enquête officielle contre Shein. Cette action vise spécifiquement l'affaire des poupées sexuelles d'apparence enfantine vendues sur son site, soupçonnant la plateforme de vente en ligne d'avoir commis plusieurs infractions aux règles européennes, ce qui pourrait entraîner de lourdes amendes.

Des accusations graves et des risques financiers importants

Outre la vente de produits illégaux, la Commission européenne, chargée de cette enquête, cible également les aspects « addictifs » de la plateforme d'origine chinoise et désormais basée à Singapour, ainsi que le manque de transparence de son algorithme de recommandation de produits aux utilisateurs. Ces manquements, s'ils sont confirmés par les investigations, constitueraient des infractions au règlement européen sur les services numériques (DSA), pouvant valoir théoriquement des amendes allant jusqu'à 6 % du chiffre d'affaires annuel de Shein.

Le DSA est une législation puissante de l'UE qui oblige les plateformes en ligne à prendre des mesures pour protéger leurs utilisateurs contre les contenus et produits illégaux ou dangereux. Les plus grandes plateformes, dont Shein fait partie, sont soumises à un régime de règles et de contrôles renforcés. « Dans l'UE, les produits illégaux sont interdits à la vente, que ce soit dans un magasin ou en ligne », a souligné Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission chargée du Numérique.

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La pression française et les réponses de Shein

Cette procédure de l'UE n'est pas une surprise, Bruxelles ayant lancé ces dernières semaines des démarches en vue d'une telle action, sous la pression de la France. Les autorités françaises ont pris depuis novembre de multiples initiatives contre Shein pour avoir proposé à la vente des poupées sexuelles ressemblant à des enfants et des armes. Après avoir échoué à obtenir une interdiction totale du site, l'État français a demandé à la justice, qui doit se prononcer le 19 mars, de bloquer sa section dédiée aux vendeurs tiers, ou marketplace.

Suite au scandale né de la vente de ces poupées pédopornographiques, Shein avait bloqué de lui-même en France sa marketplace pendant deux mois. Le groupe l'a rouverte début janvier, après avoir nettoyé les vendeurs et produits proposés, et mis en place des garde-fous. Un porte-parole de Shein a déclaré : « Nous prenons très au sérieux nos obligations au titre du DSA. Nous avons toujours pleinement coopéré avec la Commission européenne et continuerons de le faire tout au long de cette procédure. »

Le groupe assure avoir renforcé ses outils de détection de produits illégaux et mis en place des mesures supplémentaires concernant les produits interdits aux mineurs, dont un dispositif de vérification d'âge. « Nous partageons l'objectif de la Commission consistant à garantir un environnement en ligne sûr et fiable », a ajouté le porte-parole.

Les enjeux du DSA et les critiques internationales

Le DSA « protège les consommateurs, veille à leur bien-être et leur donne des informations sur les algorithmes avec lesquels ils interagissent », a défendu Henna Virkkunen, alors que cette réglementation a ses détracteurs. Le DSA est régulièrement accusé par les États-Unis d'entraver la liberté d'expression et de cibler les entreprises étrangères, ajoutant une dimension géopolitique à cette affaire.

Cette enquête marque un tournant dans la régulation des plateformes numériques en Europe, mettant en lumière les défis de la lutte contre les produits illégaux en ligne et la protection des consommateurs dans un marché digital en constante évolution.

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