Le gouvernement français durcit l'application des droits d'inscription différenciés pour les étudiants hors Union européenne, une mesure qui suscite une vive contestation de la part des syndicats étudiants. À partir de la rentrée prochaine, la majorité des étudiants extracommunautaires devront s'acquitter de frais d'inscription plus élevés que les autres, selon un décret du ministère de l'Enseignement supérieur publié mercredi au Journal officiel.
Un nouveau barème tarifaire
Concrètement, les étudiants non ressortissants de l'Union européenne devront payer des droits d'inscription fixés à 2 895 euros par an en licence, contre 178 euros actuellement, et 3 941 euros en master, contre 254 euros. Ce nouveau barème, instauré en 2019 mais jusqu'ici peu appliqué, sera désormais strictement mis en œuvre dans le cadre du plan Choose France For Higher Education du ministre Philippe Baptiste.
Exonérations limitées
Le décret prévoit que les universités pourront exonérer de ces frais jusqu'à 20 % de leurs étudiants extracommunautaires à terme. Cette évolution se fera par paliers transitoires : un plafond d'exonération à 30 % dès la prochaine rentrée, puis à 25 % en 2027. Les étudiants déjà exonérés pour l'année 2025-2026 conserveront leur statut jusqu'à la fin de leur cycle universitaire, à condition de poursuivre leur formation dans le même établissement.
Contestation syndicale
Les syndicats étudiants dénoncent une mesure « injuste et incohérente ». Après une première manifestation le 12 mai ayant rassemblé quelques centaines de personnes, une intersyndicale a appelé à une nouvelle mobilisation le 26 mai. Le gouvernement justifie cette réforme par un rééquilibrage financier et affirme que l'augmentation des frais renforcera la valeur perçue des diplômes français, attirant des profils à fort potentiel ou disposant de ressources suffisantes, dans une logique comparable à celle de certains pays anglo-saxons.



