La Commission européenne a infligé une amende de 150 millions d'euros à AliExpress, la plateforme de commerce en ligne chinoise, pour des pratiques commerciales trompeuses et des manquements à la protection des consommateurs. Cette décision, annoncée le 15 novembre 2024, fait suite à une enquête approfondie menée par les autorités européennes.
Des pratiques jugées abusives
Selon la Commission, AliExpress a enfreint plusieurs dispositions du règlement européen sur les services numériques (DSA). En particulier, la plateforme aurait induit les consommateurs en erreur en affichant des prix réduits par rapport à des prix de référence fictifs, et en présentant des avis clients non vérifiés. L'enquête a également révélé que le système de recommandation d'AliExpress n'était pas suffisamment transparent, ne permettant pas aux utilisateurs de comprendre comment les produits étaient classés.
« Ces pratiques ont porté préjudice à des millions de consommateurs européens, qui ont été trompés sur la réalité des offres et la fiabilité des avis », a déclaré Margrethe Vestager, commissaire européenne à la Concurrence. « Nous ne tolérerons pas que les règles de l'UE soient contournées par des plateformes étrangères. »
Un montant record
L'amende de 150 millions d'euros représente l'une des plus lourdes sanctions jamais imposées à une entreprise de commerce électronique par l'Union européenne. Ce montant correspond à 3 % du chiffre d'affaires annuel mondial d'AliExpress, conformément au barème prévu par le DSA. En outre, la Commission a ordonné à la plateforme de modifier ses pratiques sous peine d'une astreinte journalière de 500 000 euros.
AliExpress a réagi en annonçant son intention de faire appel de la décision. Dans un communiqué, la société a estimé que « les allégations de la Commission ne sont pas fondées » et a affirmé que « ses pratiques respectent les lois en vigueur ». Cependant, elle s'est dite prête à « collaborer avec les autorités européennes pour clarifier les malentendus ».
Un signal fort pour les plateformes
Cette sanction intervient dans un contexte de durcissement de la régulation des grandes plateformes numériques par l'UE. Le DSA, entré en vigueur en 2023, impose des obligations strictes en matière de transparence, de modération des contenus et de protection des consommateurs. Les entreprises qui ne s'y conforment pas s'exposent à des amendes pouvant atteindre 6 % de leur chiffre d'affaires mondial.
« Cette décision envoie un message clair à toutes les plateformes, qu'elles soient européennes ou non : les règles s'appliquent à tous », a souligné Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur. « Nous ne laisserons personne profiter d'un vide juridique pour contourner nos lois. »
Pour les consommateurs européens, cette amende pourrait se traduire par une amélioration des pratiques d'AliExpress, notamment en matière d'affichage des prix et de vérification des avis. La plateforme devra également mettre en place un mécanisme de signalement plus efficace pour les contenus frauduleux.



