Croissance française à 0,2% au deuxième trimestre 2026
Croissance française à 0,2% au T2 2026

La croissance économique française a enregistré une progression de 0,2% au deuxième trimestre 2026, selon les chiffres publiés par l'Insee ce jeudi. Ce résultat est conforme aux attentes des économistes interrogés par Bloomberg, qui tablaient sur une légère accélération après le 0,1% du premier trimestre.

Une progression portée par les services

Le secteur des services, notamment les services marchands, a contribué positivement à cette croissance avec une hausse de 0,3% de son activité. Les exportations de biens et services ont également soutenu le PIB, progressant de 0,5% sur la période, tandis que les importations sont restées stables. En revanche, la production manufacturière a reculé de 0,2%, affectée par les difficultés d'approvisionnement dans l'industrie automobile.

Consommation atone et investissement en baisse

La consommation des ménages, principal moteur traditionnel de l'économie française, est restée quasi stable avec une hausse de seulement 0,1%, freinée par l'inflation persistante et la baisse du pouvoir d'achat. L'investissement des entreprises a quant à lui diminué de 0,4%, marquant le troisième trimestre consécutif de baisse. Selon l'Insee, cet investissement est pénalisé par l'incertitude politique et des taux d'intérêt encore élevés malgré les baisses de la Banque centrale européenne.

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Le commerce extérieur tire son épingle du jeu

Le solde du commerce extérieur s'est amélioré, contribuant positivement à la croissance grâce à une hausse des exportations de biens d'équipement et de produits pharmaceutiques. « Les exportations vers les États-Unis et l'Asie ont été particulièrement dynamiques », a commenté Bernard Dufour, chef du département de la conjoncture à l'Insee, dans un communiqué. Toutefois, les importations d'énergie ont augmenté en raison de la hausse des prix du pétrole, limitant l'effet positif.

Perspectives pour le second semestre

Le gouvernement table sur une croissance annuelle de 1,1% pour 2026, un objectif jugé ambitieux par de nombreux économistes. Le ministre de l'Économie, Antoine Legrand, a salué « une croissance modérée mais solide », ajoutant que « les réformes structurelles commencent à porter leurs fruits ». Cependant, la Banque de France prévoit une croissance de seulement 0,8% sur l'ensemble de l'année, en raison des risques liés à la demande intérieure et aux tensions géopolitiques.

Les chiffres détaillés montrent que la formation brute de capital fixe (FBCF) a reculé de 0,3% et que les dépenses publiques ont augmenté de 0,2%. L'emploi a légèrement progressé de 0,1% au deuxième trimestre, insuffisant pour faire baisser le taux de chômage, qui reste à 7,5%.

En zone euro, la croissance moyenne au deuxième trimestre est estimée à 0,3%, portée par l'Allemagne (+0,1%) et l'Espagne (+0,8%), tandis que l'Italie a stagné. La France se situe donc dans la moyenne basse, confirmant un écart de compétitivité persistant.

Réactions des économistes

Pour l'économiste Anne-Sophie Charpentier de l'OFCE, « cette croissance timide reflète les fragilités de l'économie française : une consommation bridée par l'inflation, un investissement en berne et un commerce extérieur qui profite surtout des secteurs de niche ». Elle note que « sans une véritable relance de la demande intérieure, la France risque de rester en dessous de son potentiel de croissance ».

Les prochains mois seront décisifs, avec les discussions budgétaires et la mise en œuvre du plan d'investissement vert.

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