Crise du logement : un salarié espagnol dort dans la rue
Crise du logement : un salarié espagnol dort dans la rue

Manuel Heredia, un magasinier espagnol, perçoit un salaire d'environ 1 200 euros par mois, mais il dort toujours dans la rue. Il économise la quasi-totalité de ses revenus pour réunir les deux mois de caution exigés par les propriétaires, rapporte le journal Diari ARA. Son objectif est de louer un appartement d'ici la fin de l'année.

Un emploi stable ne suffit plus face à la flambée des loyers

La crise du logement en Espagne frappe même ceux qui ont un travail. La hausse des loyers, le manque de logements accessibles et les exigences croissantes des propriétaires rendent l'accès au logement particulièrement difficile pour les personnes aux revenus modestes. Manuel en fait directement l'expérience. Après avoir perdu son précédent emploi, il s'est retrouvé sans logement lorsque sa compagne de l'époque lui a demandé de quitter leur appartement. Avec les allocations chômage qu'il percevait, il ne parvenait même pas à louer une simple chambre.

Économiser pour la caution, un choix vital

Aujourd'hui, Manuel a retrouvé un emploi de magasinier et touche environ 1 200 euros, avec trois primes annuelles. Pourtant, cette situation ne lui permet toujours pas de se loger. « J'économise presque tout ce que je gagne. Les heures supplémentaires, tout. Je mets tout de côté pour pouvoir payer les deux mois de caution », explique-t-il dans une interview accordée au Diari ARA. En attendant, il dort dans la rue, notamment sous les porches d'une bibliothèque.

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Pour Manuel, le choix est simple : il préfère rester dans la rue tout en conservant suffisamment d'argent pour se nourrir plutôt que de louer une chambre et ne plus avoir de quoi acheter à manger. Il a également pris une précaution : il envoie à sa sœur l'argent supplémentaire qu'il gagne afin de ne pas l'avoir sur lui. Elle le garde pour lui jusqu'à ce qu'il puisse enfin accéder à un logement.

Dormir avec un esprit en alerte, comme les animaux

Malgré les difficultés, Manuel refuse de laisser sa situation définir qui il est. Chaque matin, avant le lever du soleil, il se lave dans une fontaine publique. Il fait attention à son alimentation et privilégie notamment les fruits. En dehors du tabac, il ne dit souffrir d'aucune addiction. Mais les nuits restent particulièrement éprouvantes. « Quand je dors dans la rue, je suis beaucoup plus fatigué parce que je me réveille constamment, par peur qu'il m'arrive quelque chose. Je dois dormir avec une partie de mon esprit en alerte, comme les animaux, pour pouvoir réagir au moindre danger », raconte-t-il.

« Je ne suis ni meilleur ni pire parce que je vis dans la rue. Je suis simplement une personne qui fait de son mieux pour traverser cette situation avec dignité. » Son objectif est de réussir à louer un appartement d'ici la fin de l'année, en continuant à économiser chaque euro gagné.

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