Coût de la vie étudiante : l'Unef et les chiffres du travail étudiant en débat
Coût de la vie étudiante : l'Unef et les chiffres du travail étudiant

Ce lundi 17 août, l'Unef a publié son enquête sur l'évolution du coût de la vie étudiante. Selon le syndicat étudiant, ce coût a augmenté de 1,66 % sur un an, et de plus de 35 % depuis l'élection d'Emmanuel Macron en 2017. Face à cette augmentation, de plus en plus d'étudiants travailleraient en parallèle de leurs études, assure le syndicat. « On considère qu'aujourd'hui, quand on est étudiant, c'est normal […] de travailler à côté de ses études », a résumé, sur RMC, la secrétaire générale de l'Unef Manon Moret.

Une internaute conteste les chiffres de l'Unef

Sur le réseau social X, cette dernière a été interpellée par une internaute. « Vous mentez […] : les étudiants français travaillent beaucoup moins pendant leurs études que ceux des autres pays européens », peut-on lire dans la publication en question. Dans une seconde publication, qui cumule près de 300 000 vues, cette même internaute revient à la charge. « Comme chaque année, l'UNEF ressort le drama des étudiants qui doivent travailler… choupinous », peut-on lire dans un premier temps. Plus loin, elle poursuit : « seuls 19,8 % des jeunes Français en études travaillent, contre 25,4 % dans l'Union Européenne, 56,4 % au Danemark et 45,8 % en Allemagne ».

Vérification des données : Eurostat contredit l'internaute

Dans l'un de ses commentaires, l'internaute indique qu'elle cite des chiffres de la « commission européenne ». Un lien vers cette source est présent, renvoyant vers une page du site d'Eurostat, l'office de statistique de l'Union européenne. Rapidement, les trois derniers chiffres cités dans la publication apparaissent sur cette page. En revanche, celui pour la France — 19,8 % selon la publication — n'apparaît pas sur cette page. En allant voir dans la base de données complète, disponible sur le site, ce pourcentage n'apparaît pas non plus. La proportion de jeunes français travaillant et étudiant simultanément était de 24 %, selon cette source. Soit légèrement en dessous de la moyenne européenne (25,4 %). Comparé aux données d'autres pays européens, comme le Danemark, l'Allemagne ou encore les Pays-Bas, il est vrai que la part d'étudiants français cumulant un emploi en parallèle de leurs études est moins élevée. La France figure tout de même parmi les pays européens (11e sur 27) avec le taux d'étudiants cumulant études et emploi le plus élevé.

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Des taux qui varient selon les sources

En croisant avec les autres données disponibles sur le sujet, on se retrouve avec des taux plus élevés. Selon une étude du service statistique du Ministère du Travail (Dares), publiée en mai dernier, c'est plus d'un étudiant sur deux (52 %) qui travaille en parallèle de ses études. Un chiffre qui ne prend pas en compte les alternants et les stagiaires. D'après une enquête de l'Observatoire de la vie étudiante (OVE), menée en 2023, 44 % des étudiants travaillaient en parallèle de leurs études. Une seconde source, le projet Eurostudent, avance un taux très similaire (44,3 %). Même avec ce chiffre, la France n'a pas la part plus importante d'étudiants ayant un travail en parallèle de leurs études. Aux Pays-Bas, pays où la part d'étudiants ayant un emploi en parallèle de leurs études (74 % selon Eurostat), les emplois à temps partiel sont plus fréquents et encouragés par les universités du pays.

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