Pas de pénurie de carburant à l'aéroport de Montpellier, mais un risque sur le prix du billet
Carburant : pas de pénurie à Montpellier, mais le prix du billet menacé

Pas de pénurie de carburant à l'aéroport de Montpellier, mais un risque sur le prix du billet

Emmanuel Brehmer, président du directoire de l'aéroport de Montpellier Méditerranée, se veut rassurant quant à la capacité de la plateforme et des compagnies qui la desservent à assurer leurs vols dans le contexte international actuel. Interrogé sur un éventuel risque de pénurie de carburant aviation dans les semaines à venir, il déclare faire confiance au gouvernement. Cependant, il souligne que le véritable enjeu réside dans le coût du carburant, qui pourrait avoir un impact significatif sur le prix des billets.

Un impact financier considérable pour les compagnies

Selon Emmanuel Brehmer, les compagnies aériennes qui se sont couvertes sur une durée suffisamment longue sont moins exposées, mais les autres pourraient subir de plein fouet la hausse des coûts. Pour une compagnie traditionnelle (legacy), le surcoût pourrait atteindre 25 %, tandis que pour les compagnies à bas coûts, l'augmentation des coûts d'exploitation pourrait grimper jusqu'à 50 %, ce qui est colossal. Tous les types de compagnies sont touchés, comme en témoignent les suppressions de vols chez Lufthansa et Transavia.

Aucune répercussion immédiate pour Montpellier

Pour l'instant, la plateforme montpelliéraine et les compagnies qui la desservent ne subissent aucune répercussion. Les programmes de vols sont maintenus, et l'avitaillement en carburant, assuré par Air Total, ne connaît pas de pénurie. Toutefois, certaines compagnies commencent à émettre des signaux inquiétants, comme des coupes claires dans leurs programmes ou le retrait anticipé d'appareils anciens et énergivores. Cela s'explique par leur besoin de rentabilité à court terme, avec des coûts variables très élevés.

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Un équilibre fragile entre remplissage et revenus

Pour éviter d'annuler un vol, une compagnie doit compter sur un taux de remplissage élevé et un revenu moyen par passager important. Certaines ont déjà augmenté leurs tarifs pour y parvenir. Emmanuel Brehmer explique que depuis la crise sanitaire, les compagnies recherchent une rentabilité à court terme, parfois à un mois, alors qu'auparavant elles pouvaient planifier sur plusieurs années. Les coûts fixes (crédit, masse salariale) restent constants, tandis que les coûts variables (kérosène, services aéroportuaires) déterminent la décision de voler ou non.

Des perspectives incertaines pour l'été

Le programme estival est pour l'instant maintenu, mais la situation reste volatile en raison du conflit et des fluctuations du prix du baril de Brent. Emmanuel Brehmer admet que la vérité d'aujourd'hui n'est pas celle de demain. Sur les plateformes similaires, la situation est variable, mais les aéroports de taille identique connaissent les mêmes pressions. Pour les petits aéroports dépendant uniquement du low-cost, la vulnérabilité est plus grande.

Des annonces futures et des évolutions à venir

Malgré le contexte morose, l'aéroport de Montpellier attend le lancement de la base de Volotea à l'automne, avec un avion basé et l'ouverture de vingt-cinq nouvelles destinations. Quant au renforcement de la base de Transavia et au positionnement d'un deuxième avion en 2027, aucune confirmation n'est possible pour l'instant, la compagnie étant confrontée à des tensions sur les équipages et les appareils. Par ailleurs, le conflit pourrait détourner une partie des voyageurs long-courriers vers des destinations européennes, ce qui profiterait aux compagnies desservant ces lignes. Enfin, une grosse annonce est prévue début juin concernant l'aspect domanial de l'aéroport.

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