Canal+ accusé de pratiques abusives : des abonnés harcelés après résiliation
Canal+ : des abonnés harcelés après résiliation

Un simple message sur les réseaux sociaux a mis en lumière une série de pratiques contestables de la part de Canal+. Alexandre, un entrepreneur, a partagé la mésaventure de ses grands-parents, qui se battent depuis un an avec la chaîne cryptée pour obtenir le remboursement de prélèvements effectués après la résiliation de leur abonnement. Le couple s'était désabonné en 2020, avait renvoyé son décodeur, mais a continué à payer 45 euros par mois pendant six ans sans s'en rendre compte, soit une perte d'environ 3.000 euros.

Un parcours du combattant

Dans son post, Alexandre raconte les difficultés pour joindre le service client, les promesses non tenues et les prélèvements qui persistent. Excédée, la famille a finalement bloqué les prélèvements auprès de la banque. Mais Canal+, propriété du milliardaire Vincent Bolloré, a menacé d'envoyer des huissiers pour recouvrer une dette liée à un service qu'elle ne fournit plus. « Afficher la marque en public semble être le dernier recours pour régler la situation », regrette Alexandre.

Des dizaines de témoignages similaires

Le message d'Alexandre est devenu viral, et de nombreux internautes ont partagé des expériences analogues. Auriane raconte que sa grand-mère, Marguerite, s'est fait prélever 45 euros par mois pour un service qu'elle n'avait pas, sans même posséder de décodeur. Quand elle a appelé Canal+, on lui a dit que l'accord s'était fait oralement. Après avoir bloqué les prélèvements, sa grand-mère a reçu un appel menaçant d'huissier pour « saisir ses meubles ». « Elle a eu hyper peur », témoigne Auriane. Il a fallu une mise en demeure pour faire cesser les menaces, mais Marguerite n'a jamais été remboursée.

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Élodie, une Toulousaine, a vécu une situation similaire après avoir bénéficié de trois mois d'abonnement gratuits offerts avec une télévision. Malgré une lettre recommandée de résiliation, les prélèvements ont continué. « Je me suis battue pendant des mois pour qu'ils arrêtent. On m'a promenée, baladée, en me disant que ça allait être réglé. Mais je continuais à être prélevée. J'ai fini par faire opposition », explique-t-elle. Elle a ensuite reçu des SMS de relance et des appels incessants.

Pierre, licencié, a demandé l'annulation de son contrat conformément à la loi Chatel, mais les prélèvements ont persisté. Il a dû bloquer les paiements, ce qui a déclenché une menace de recouvrement par huissier. « Tous les gens à qui j'en parle me disent qu'ils ont galéré à se désabonner. C'est un système de rétention, des méthodes de voyou pour garder les gens », dénonce-t-il.

La réponse de Canal+

Interrogée, Canal+ affirme que ses pratiques de résiliation « sont transparentes et conformes à la loi ». La chaîne rappelle qu'elle informe ses abonnés par écrit de la possibilité de ne pas reconduire leur abonnement, comme l'exige la loi Chatel. Elle précise que les prélèvements peuvent se poursuivre tant que la date de fin d'engagement n'est pas atteinte. « Si problèmes il y a, nous les traitons dans les meilleurs délais et avec le plus grand soin », assure la chaîne.

Cependant, la persistance d'un système d'engagement, avec des contrats de 24 mois en échange de tarifs réduits, pourrait expliquer les difficultés rencontrées par les consommateurs. En 2021, une action de groupe intentée par l'UFC Que Choisir avait déjà conduit Canal+ à indemniser ses clients après une hausse de prix imposée sans accord préalable.

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