Le magasin Bouchara de Clermont-Ferrand, situé avenue des États-Unis, a baissé le rideau définitivement. Une simple affichette sur la vitrine informe les clients : « La boutique est fermée définitivement. Les acheteurs sont invités à poursuivre leurs emplettes sur Internet… ou à Lyon. »
Une fermeture brutale
Nicole, cliente fidèle, exprime sa déception : « C’est vraiment regrettable. Je ne savais même pas qu’il y avait des problèmes. » Les salariés, eux, ont été pris de court. « On savait que c’était compliqué depuis des mois, mais on ne pensait pas que ça irait aussi vite », confie une employée encore sous le choc. Une autre évoque « des semaines d’incertitude » et une ambiance pesante à mesure que les rayons se vidaient.
Un contexte national difficile
La fermeture clermontoise n’est pas un cas isolé. D’autres magasins Bouchara ont cessé leur activité à Bourges, Quimper, Blois ou Albi. L’enseigne, spécialisée dans le linge de lit, les rideaux et la décoration, souffre de l’inflation, de la baisse de la consommation et de la concurrence féroce des géants du e-commerce comme Shein ou Temu. Le ralentissement du marché immobilier a également pesé sur les achats d’équipement de la maison.
Un redressement judiciaire et une reprise partielle
Placée en redressement judiciaire en janvier, Bouchara employait 541 salariés en CDI dans une cinquantaine de magasins en France. Le tribunal de commerce de Paris a validé l’unique offre de reprise, déposée par la société hongkongaise AA Investments, détenue par l’homme d’affaires français Morteza Goshayeshi. Mais la reprise est partielle : seuls 25 magasins sont conservés et 184 salariés sauvés.
Pour le magasin de Clermont-Ferrand, véritable institution du centre-ville avec ses deux étages dédiés au linge de maison et à la décoration, aucune piste de reprise n’est envisagée pour l’instant.



