Le site de vente de vêtements en ligne Boohoo a été condamné le 20 août 2026 par le tribunal de commerce de Paris à une amende de 2,33 millions d’euros pour pratiques commerciales trompeuses. La décision a été rendue publique ce jeudi, marquant une nouvelle étape dans la régulation du secteur de la mode éphémère.
Des pratiques jugées trompeuses par le tribunal
Selon le jugement, Boohoo a utilisé des indications de prix fausses ou de nature à induire le consommateur en erreur. Le tribunal a relevé que le site affichait des prix barrés censés représenter des prix de référence antérieurs, mais ces derniers étaient en réalité gonflés artificiellement. Les réductions annoncées, parfois supérieures à 60 %, ne correspondaient pas à des baisses réelles.
La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) avait diligenté une enquête à la suite de signalements de consommateurs. Les investigations ont mis en lumière un système de prix fictifs appliqué sur une large gamme de produits, notamment des robes, des vestes et des accessoires. Le parquet de Paris a ensuite engagé des poursuites.
Un précédent dans la mode en ligne
Cette condamnation s’inscrit dans un contexte de durcissement des contrôles sur les plateformes de vente en ligne. En 2025, le gouvernement avait annoncé un plan de lutte contre les arnaques aux soldes et aux promotions. Boohoo, qui réalise une part importante de son chiffre d’affaires en France, n’est pas le premier acteur du secteur à être sanctionné. En 2024, la marque Shein avait déjà été condamnée à une amende de 1,5 million d’euros pour des motifs similaires.
L’amende de 2,33 millions d’euros correspond au maximum légal prévu pour ce type d’infraction, selon le code de la consommation. Le tribunal a également ordonné la publication du jugement sur le site internet de Boohoo pendant une durée de trente jours, afin d’informer les consommateurs.
Réactions et conséquences pour l’entreprise
Interrogé par l’Agence France-Presse, un porte-parole de Boohoo a indiqué que l’entreprise « prend acte de la décision du tribunal et étudie les possibilités de faire appel ». Il a ajouté que Boohoo « s’engage à respecter les réglementations en vigueur et à améliorer la transparence de ses pratiques commerciales ».
L’association de consommateurs UFC-Que Choisir, qui s’était portée partie civile, a salué une décision « exemplaire » dans un communiqué. Elle estime que cette sanction « envoie un signal fort à l’ensemble du secteur de la fast fashion, qui utilise trop souvent des méthodes douteuses pour attirer les clients ». L’association précise que les consommateurs lésés peuvent désormais se tourner vers le médiateur de la consommation pour obtenir un dédommagement.
Cette amende intervient alors que Boohoo traverse une période financière difficile. Le groupe britannique a enregistré une perte nette de 120 millions de livres sterling au premier semestre 2026, en raison d’une baisse des ventes et d’une concurrence accrue. La sanction française pourrait peser davantage sur sa trésorerie déjà fragilisée.
Le tribunal de commerce de Paris a fixé un délai de trente jours à compter de la signification du jugement pour que Boohoo procède au paiement de l’amende et à la publication de la décision. En cas de non-respect, l’entreprise s’expose à une astreinte de 1 000 euros par jour de retard.



