Frontière franco-italienne : les Azuréens font leurs courses à Vintimille
Azuréens : courses en Italie, économies et qualité

Face à la hausse des prix des fruits et légumes en France, de nombreux habitants des Alpes-Maritimes traversent régulièrement la frontière pour remplir leur panier en Italie. Selon le 20e Observatoire des prix de Familles Rurales, les légumes conventionnels ont augmenté de 10 % en un an en France, avec des bondissements de 32 % pour les courgettes et de 31 % pour les tomates. Depuis 2015, les prix des légumes frais ont progressé de 62 %, contre 21 % pour l'inflation générale. Cette tendance pousse les consommateurs à chercher des alternatives de l'autre côté de la frontière, où ils espèrent trouver des produits moins chers et de meilleure qualité.

Des prix en hausse en Italie, mais toujours inférieurs

Sur le marché couvert de Vintimille, jeudi matin à 9 heures, les accents français dominent dans les allées. Davide, marchand de fruits et légumes installé depuis 54 ans, affirme que « 80 % de ma clientèle est française ». Il précise : « Ce qu'elle me dit ? Que les produits sont de meilleure qualité et un peu moins chers aussi. Car ici aussi les prix ont augmenté ».

Biljona, venue d'Antibes, repart avec un panier de fruits et légumes à 60 euros. « À Antibes, il m'aurait coûté 20 euros de plus », estime-t-elle. Elle salue la provenance des produits, italiens, ligures ou siciliens, mais reconnaît que les prix ont monté : les tomates cœur-de-bœuf s'affichent désormais entre 6 et 7 euros le kilo, « avant, c'était parfois moitié moins cher ». Son panier made in Italy a, selon elle, pris une quinzaine d'euros depuis le début de l'été.

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La qualité, un argument de poids pour les habitués

Roseline, retraitée de Roquebrune-Cap-Martin et habituée depuis trente ans, souligne l'intérêt de l'offre : courgettes trompettes avec leurs fleurs, tomates cœur-de-bœuf « au goût incroyable ». Elle constate : « Oui c'est vrai que la différence de prix est moins flagrante qu'avant, mais on s'y retrouve sur la qualité. Chez nous, on a parfois l'impression que les produits de saison ne sont pas de saison tellement ils sont vendus chers. Pourtant ils sont locaux… Cherchez l'erreur. »

Charlyne et Luka, installés à Roquebrune-Cap-Martin, font à Vintimille leurs courses de produits frais, charcuterie, pâtes et fromages. « C'est surtout plus qualitatif. Les prix ont augmenté ici aussi, mais cela reste un chouïa moins cher qu'en France. » Ils ont toutefois constaté que la proximité de la frontière et l'affluence touristique tirent les tarifs vers le haut.

Des économies notables sur certains produits

À Latte, juste après la frontière, un supermarché italien accueille une clientèle très majoritairement française. Laurence, Niçoise travaillant à Menton, y achète parmesan, pâtes fraîches et fruits et légumes. « Entre 20 et 30 % moins cher », estime-t-elle, tout en nuançant : lait et pain peuvent être plus chers qu'en France, tandis que certaines pâtes sèches sont au même prix. Pour l'huile d'olive, les écarts dépendent de l'origine : autour de 8,90 euros le litre pour des huiles européennes, jusqu'à 18 euros pour une huile locale de Ligurie.

Françoise et William, de Beausoleil, viennent deux fois par mois. Leur chariot, rempli de fruits, légumes, viande et pâtes, atteint 110 euros. « En France, on en aurait pour 80 euros de plus. » Ils profitent aussi du déplacement pour acheter des cigarettes. « Ce qu'on économise dessus paie les courses et le resto. » Pour rentabiliser les frais de transport jusqu'en Italie, certains Français ont leur astuce : « On part à quatre ou cinq et on partage les frais », confie Paule, qui vient de Cannes.

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