En 2024, un ménage des Alpes-Maritimes sur deux a effectué au moins un achat physique en Italie, selon une étude de l'Insee publiée le 19 septembre 2026. Cette proportion atteint 54 % des dépenses régionales réalisées en Italie, avec une dépense moyenne de 960 euros par an pour 18 opérations.
Des dépenses concentrées dans les Alpes-Maritimes
Les ménages maralpins concentrent à eux seuls 54 % des dépenses effectuées en Italie par les ménages de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Pour ceux qui ont franchi la frontière pour consommer, la dépense moyenne atteint 960 euros sur l'année, pour 18 opérations. Cette pratique dépasse l'image de l'arrêt opportuniste à Vintimille : pour certains foyers, les achats transfrontaliers sont entrés dans l'organisation du quotidien.
Dans l'ensemble de la région PACA, la proportion de ménages ayant acheté en Italie est de 27 %, soit nettement moins que dans les Alpes-Maritimes. La proximité de la frontière explique naturellement une partie de cet écart, mais l'étude met aussi en lumière une pratique de consommation désormais bien ancrée.
Alimentation et tabac en première ligne
Les courses alimentaires pèsent lourd dans ce panier italien. Dans les Alpes-Maritimes, elles représentent 31 % des dépenses effectuées de l'autre côté de la frontière, supermarchés compris, une part supérieure à la moyenne régionale. L'Insee y voit le signe que certains ménages réalisent « une partie de leurs courses au-delà des frontières », à la recherche de tarifs plus avantageux, notamment sur l'alcool.
Le tabac constitue un autre moteur majeur. Les bureaux de tabac italiens absorbent 17 % des dépenses des ménages azuréens réalisées en Italie. Entre 2023 et 2024, les dépenses régionales dans ces commerces ont augmenté de plus de 35 %, dans un contexte de creusement des écarts de prix entre les deux pays.
La frontière devient une habitude
Le phénomène ne se limite pas aux passages occasionnels. Parmi les ménages des Alpes-Maritimes ayant acheté en Italie, 23 % le font régulièrement, au moins un mois sur deux. Et il dépasse les seules communes limitrophes.
L'enquête de l'Insee ne permet pas d'affirmer que chaque déplacement répond directement à la baisse du pouvoir d'achat. Elle confirme en revanche l'attractivité commerciale de l'Italie et l'installation progressive de la frontière dans les arbitrages de consommation des Azuréens.



