L'alternance en master connaît un engouement croissant, mais les étudiants peinent à décrocher des contrats. Selon une enquête récente, le nombre de candidats en alternance a augmenté de 20% cette année, tandis que les offres d'emploi en alternance n'ont progressé que de 5%. Ce déséquilibre crée une situation tendue pour les étudiants.
Un paradoxe du marché de l'alternance
« J'ai contacté près d'une centaine d'entreprises avec peu de retours », témoigne Camille, étudiante en master 2 de marketing. Comme elle, de nombreux étudiants multiplient les candidatures sans succès. Les secteurs les plus demandés, comme le marketing, la finance ou les ressources humaines, sont particulièrement saturés.
Les entreprises, de leur côté, invoquent plusieurs raisons : un coût jugé élevé, des contraintes administratives, ou encore une préférence pour des profils déjà expérimentés. « Nous recevons des centaines de CV pour un seul poste, il est difficile de tous les traiter », explique un responsable RH d'une grande entreprise.
Des inégalités territoriales et sectorielles
L'offre d'alternance varie fortement selon les régions et les secteurs. L'Île-de-France concentre la majorité des contrats, tandis que les régions moins dynamiques peinent à attirer les entreprises. Les secteurs techniques, comme l'informatique ou l'ingénierie, offrent davantage de possibilités que les filières généralistes.
Pour les étudiants, l'absence de contrat peut compromettre leur année universitaire. « Sans alternance, je dois trouver un autre financement ou abandonner mon master », confie Lucas, étudiant en master de commerce international.
Des pistes pour améliorer la situation
Plusieurs solutions sont évoquées : mieux informer les entreprises sur les aides financières, simplifier les démarches administratives, ou encore développer des plateformes de mise en relation. Les universités tentent également d'accompagner les étudiants avec des ateliers CV et des forums de recrutement.
Le gouvernement a récemment annoncé des mesures pour favoriser l'alternance, notamment des aides majorées pour les PME. Reste à savoir si ces dispositifs suffiront à résorber le décalage entre l'offre et la demande.



