Depuis le 1er octobre, les personnes en affection de longue durée (ALD) ou leurs mutuelles doivent payer 85 % du prix de 171 médicaments à service médical rendu (SMR) faible. Auparavant, ces traitements étaient entièrement pris en charge grâce à l'exonération du ticket modérateur. Cette mesure concerne environ 12 millions de patients en France.
Une liste de 171 médicaments concernés
La liste des médicaments concernés compte 171 références, dont le SMR est jugé « faible » par la Haute autorité de santé (HAS). Ces médicaments sont identifiés par des vignettes orange, appelées « PH2 » dans le jargon des pharmaciens. Le SMR est attribué en fonction de ce que la molécule apporte dans la prise en charge de la pathologie. Si d'autres médicaments existent déjà pour traiter la même pathologie, le SMR sera faible.
« Si on voulait créer une médecine et une prise en charge à deux vitesses, on ne s'y prendrait pas autrement », déplore Sébastien Brun, président du syndicat des pharmaciens de l'Hérault. Depuis quelques jours, il doit expliquer à de nombreux clients qu'ils vont devoir payer pour certains traitements prescrits par leurs médecins.
Comment savoir si votre traitement est concerné ?
Pour vérifier si votre traitement est toujours intégralement pris en charge, rendez-vous sur la Base de données publique des médicaments. Renseignez votre traitement et si le résultat mentionne, en orange, « Taux de remboursement : 15 % », c'est qu'il est sur la liste des 171 médicaments. Plus bas dans la fiche du médicament, un tableau indique le dernier avis de la HAS sur son SMR.
Si votre traitement fait partie de ces PH2, cela ne signifie pas qu'il est inutile pour vous ni que vous devez arrêter de le prendre. « Allez dire à un patient qui fait une crise hémorroïdaire que le traitement qui va le soulager ne sert à rien… Quand vous êtes patient, vous cherchez quelque chose qui vous soulage. Cette coupe budgétaire sur ces médicaments, c'est pour répondre à un impératif économique sans très grande lucidité sur l'intérêt thérapeutique des médicaments », grince le pharmacien.
Que faire si votre médicament est concerné ?
Pas de panique. Cela ne signifie pas forcément que c'est vous qui devez payer le médicament. Rapprochez-vous de votre mutuelle et demandez-lui si elle couvre le ticket modérateur, soit les 85 % restants après la part de 15 % prise en charge par l'assurance maladie. Si la réponse est non, changez si possible de forfait ou de mutuelle pour qu'elle vous couvre. Si ce n'est pas possible, cela sera malheureusement à vous de payer ces 85 %.
« Il y a une incompréhension de la part des patients, nous raconte Sébastien Brun. Et ces personnes sont souvent polypathologiques et n'ont pas de mutuelle, alors le reste à charge est complet, sans prise en charge par le régime complémentaire. » Vous pouvez vous rapprocher de votre médecin pour qu'il vous prescrive un autre traitement, mieux pris en charge. N'arrêtez pas votre traitement sans consulter en amont.
Cette mesure, qui répond à un impératif économique, risque d'alourdir le budget santé des patients en ALD les plus vulnérables, notamment ceux sans mutuelle. Les pharmaciens sont en première ligne pour expliquer ces changements et orienter les patients vers les solutions possibles.