Taxe de 2€ sur les petits colis : rendement bien en deçà des prévisions
Taxe colis Chine : rendement de 2,3 M€/mois loin du compte

Pour freiner l'afflux massif de marchandises en provenance de Chine, la France a instauré le 1er mars une taxe de deux euros sur chaque catégorie d'articles dans les colis de moins de 150 euros. Cependant, le rendement de cette taxe est évalué à seulement 2,3 millions d'euros par mois, loin des prévisions budgétaires, a indiqué mercredi le directeur général des Douanes, Florian Colas, lors d'une audition par la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale. Il a invoqué une «situation transitoire» pour expliquer cet écart.

Une taxe contournée par les plateformes

Prévue par la loi de finances pour 2026, cette taxe devait rapporter 400 millions d'euros sur l'année. Mais les grandes plateformes visées, comme Temu, Shein et AliExpress, ont rapidement trouvé la parade : envoyer les petits paquets dans des hubs hébergés par d'autres pays européens, puis les acheminer jusqu'en France par la route. «Le déport de volume» découlant de cette stratégie est «de l'ordre de 90% depuis le 1er mars», a déclaré Florian Colas. «On est passé d'environ 500.000 déclarations par jour à environ 50.000 aujourd'hui», ce qui «correspond à un rendement de l'ordre de 2,3 millions par mois», a-t-il ajouté.

Une situation transitoire selon les douanes

Mais il s'agit selon lui d'une «situation transitoire». Car la donne européenne va bientôt changer : en juillet sera instauré un droit de douane européen de 3 euros par type d'article commandé, puis, au plus tard en novembre, la mise en place de frais de traitement appliqués aux petits colis importés dans l'Union européenne. «C'est à ce moment-là qu'on aura (...) un dispositif complètement harmonisé» entre les États membres, deux ans avant l'échéance initialement prévue grâce au «volontarisme de la France», fait valoir Florian Colas.

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Des prévisions à actualiser

«Le chiffre qui était initialement dans la loi de finances» va «probablement» devoir être «actualisé», mais «dans une ampleur que je ne saurais pas vous donner» : il avait été calculé «avec l'hypothèse d'une taxe qui entrerait en vigueur de façon coordonnée avec les autres pays européens qui étaient volontaires à ce moment-là» et qui y ont finalement renoncé, a justifié Florian Colas. Le gouvernement français plaide en outre pour une mise en œuvre des frais de gestion avant novembre, le ministre de l'Économie Roland Lescure ayant «écrit avec un certain nombre de ses collègues européens à la Commission, à la Présidence du Conseil, en ce sens», a insisté Florian Colas.

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