Le tribunal de commerce de Lille Métropole a validé mardi 28 juillet 2026 le plan de continuation du groupe IDKIDS, permettant à sa marque phare Okaïdi de sortir du redressement judiciaire en six mois. Ce plan choc s'est traduit par la suppression de 244 postes et la fermeture de 57 magasins en France. À l'international, Okaïdi a cessé ses activités en Pologne (25 boutiques), en Allemagne (17 magasins) et au Portugal (deux magasins), selon les informations communiquées par l'entreprise à l'AFP.
Un plan de continuation « solide » dans un secteur fragilisé
Placé en redressement judiciaire en février 2026 pour la plupart de ses marques en France (Obaïbi, Okaïdi, Oxybul et la plateforme logistique IDLOG), le groupe nordiste employait alors 2 000 personnes dans l'Hexagone. Dans un communiqué, IDKIDS indique que le tribunal « a validé le plan de relance présenté par le groupe », permettant à Okaïdi de réussir « sa sortie de redressement judiciaire en six mois » grâce « à un plan de continuation solide ».
La procédure a accompagné une « transformation profonde » de l'entreprise, marquée par le « recentrage du réseau français sur ses sites les plus performants », l'« arrêt des activités structurellement déficitaires à l'international » et l'« adaptation de l'organisation de son siège », précise le groupe. Ce plan de continuation visait à répondre à « un environnement durablement dégradé », avait expliqué Okaïdi lors de l'ouverture de la procédure, citant notamment la baisse de la natalité, « la pression sur le pouvoir d'achat des familles », « l'essor de la seconde main et la concurrence de l'ultra fast fashion ».
300 millions d'euros de chiffre d'affaires en France
Marque historique du groupe IDKIDS, dont le siège est basé à Roubaix (Nord), Okaïdi réalise 600 millions d'euros de chiffre d'affaires dans le monde, dont 300 millions en France, selon les chiffres communiqués par le groupe à l'AFP en février 2026. Parallèlement, IDKIDS s'est séparé il y a quelques semaines de sa filiale haut de gamme Jacadi, très rentable, cédée au groupe de mode Deveaux (Armand Thiery, Jacqueline Riu).
Un secteur de l'habillement en crise profonde
Le secteur français de l'habillement traverse des difficultés persistantes depuis plusieurs années. Après l'essor du commerce en ligne, la pandémie de Covid-19 et l'inflation, les enseignes subissent désormais la concurrence accrue de la seconde main et de la mode ultra-éphémère. La fermeture de 57 magasins et la suppression de 244 postes chez Okaïdi illustrent la pression exercée sur les acteurs traditionnels du textile, contraints de se réinventer pour survivre.
Avec ce plan de continuation validé, Okaïdi espère stabiliser ses activités en France et se recentrer sur ses points de vente les plus rentables, tout en tirant les leçons de ses échecs à l'international. Le groupe conserve encore un réseau significatif dans l'Hexagone, mais le nombre exact de magasins restants n'a pas été précisé.



