Dans le quartier de l'Écusson, la braderie semble ne pas avoir commencé. « Personne ne participe, cette année la braderie ne prend pas », lance le directeur du magasin K-lys, dans la Grand-Rue Jean-Moulin. Il est l'un des rares commerçants à sortir des étals dans la rue pour présenter ses articles bradés.
Un calendrier source de confusion
Pourtant, le début de la braderie a été annoncé par la Chambre de commerce et d'industrie de l'Hérault du 22 juillet et prendra fin le 8 août. Originalité de cette année : la première semaine de braderie est à cheval avec la dernière semaine des soldes. En raison de l'exceptionnelle baisse de fréquentation liée à la canicule, les soldes d'été ont été prolongées d'une semaine. La décision a été prise directement par le ministre des Petites et moyennes entreprises, Serge Papin. Elles prendront donc fin ce mardi 28 juillet.
Ce chevauchement des dates provoque une confusion : « La braderie sert à liquider les stocks que l'on n'a pas réussi à vendre pendant les soldes », détaille Vincent Bouder, directeur du magasin Baignade Interdite. Toujours dans la Grand-Rue Jean-Moulin, M. Schuyten, vendeur chez Dewachter, affirme que leur magasin ne participera pas à la braderie. Les chiffres ont été trop bas pendant la période des soldes. « Aujourd'hui les gens ont des prix tout le temps, il faut aussi que l'on puisse faire une marge », déplore-t-il.
Des soldes dépassés par les promotions en ligne
Le vendeur souligne une nouvelle façon de consommer : « Il y a quelques années les gens faisaient la queue pour venir faire les soldes dans les magasins : aujourd'hui c'est complètement dépassé avec toutes les promotions sur internet. » À cela s'ajoute également un début d'été caniculaire, qui a poussé les touristes comme les locaux à préférer les endroits frais plutôt que les rues de Montpellier.
Pour Hugo, responsable d'un magasin dans l'hypercentre, les travaux sur les lignes de tramways ont amplifié cette baisse de fréquentation : « On le ressent depuis le début de l'été, les gens viennent beaucoup moins dans les petites ruelles car elles sont moins bien desservies depuis certains endroits de Montpellier. »
La peur d'une désertification du centre
Odette Daudé, présidente de l'association des commerçants de l'Écusson, confirme la problématique. « Les gens ont du mal à comprendre le système de bus mis en place par la Métropole », explique-t-elle. Mais la directrice du magasin Daudé Lingerie déplore aussi un manque de dynamisme de plus en plus visible. « Heureusement que nous avons le Polygone qui attire les clients dans le centre », affirme-t-elle. D'après la présidente, les commerçants de l'Écusson estiment une perte en moyenne de 30 % du chiffre d'affaires par rapport à l'année dernière.



