Uber Eats et Deliveroo ont annoncé ce mercredi 8 juillet 2026 la suspension des livraisons aux heures les plus chaudes dans les départements placés en vigilance rouge canicule. Cette décision intervient après l'interpellation du ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, qui avait exhorté les plateformes à protéger leurs travailleurs des fortes chaleurs.
Une suspension de 14h à 18h en vigilance rouge
Les livreurs ne travailleront plus entre 14h et 18h dans les zones concernées par une alerte rouge canicule. Aucun département n'est encore en rouge, mais 67 départements sont en vigilance orange à partir de ce midi, selon Météo-France, qui prévoit un épisode caniculaire sévère et durable pouvant se prolonger jusqu'en fin de semaine.
Le ministre du Travail a salué un « pas important » et appelé les restaurants partenaires à faire preuve de solidarité en offrant accès à l'eau et à des espaces de fraîcheur aux livreurs.
Un impact sur les revenus des livreurs
Interrogé sur une éventuelle indemnisation du manque à gagner, Uber Eats a indiqué que les créneaux avaient été choisis pour trouver un équilibre entre sécurité et limitation de l'impact sur les revenus. Deliveroo n'a pas souhaité s'exprimer. Ludovic Rioux, de la CGT, dénonce une décision qui « rend ces travailleurs précaires encore plus précaires » en l'absence de revenu de remplacement.
La mairie de Paris avait écrit fin juin aux plateformes pour demander une rémunération minimum lors des conditions climatiques extrêmes. Fabian Tosolini, du syndicat Union-Indépendants, loue la suspension mais demande une réduction des zones de livraison et du poids des commandes entre 12h et 14h, heures de pointe.
Le statut des livreurs en débat
Un décret de 2025 renforce les obligations des entreprises pour protéger les salariés en cas de fortes chaleurs, mais il ne s'applique pas aux livreurs d'Uber Eats et Deliveroo, qui sont indépendants, souvent en micro-entreprise. Syndicats, ONG et associations dénoncent des conditions de travail pénibles, excessives et dangereuses, avec un revenu insuffisant.
Des voix critiquent également l'opacité de l'algorithme qui détermine le prix des courses et leur attribution, créant un lien de subordination. L'Union européenne a adopté fin 2024 une législation pour renforcer les droits de ces travailleurs, prévoyant de requalifier nombre d'entre eux comme salariés. La France doit transposer ce texte avant le 2 décembre 2026.



