Isola 2000 : L'avenir incertain de la galerie marchande du front de neige
La galerie commerciale du front de neige d'Isola 2000 se trouve au cœur d'une situation particulièrement complexe et tendue. Alors que son ouverture est actuellement assurée jusqu'au 30 avril grâce à l'exercice du pouvoir de police du maire, son sort au-delà de cette date demeure incertain. La question cruciale se pose : cette artère vitale, qui permet l'accès aux logements, commerces et services publics, sera-t-elle encore accessible au public à partir du 1er mai ?
Une course contre la montre pour un rachat municipal
Face à cette urgence, la municipalité d'Isola, dirigée par la maire Mylène Agnelli, a formulé une proposition claire : racheter la galerie, surnommée le « boyau », pour l'euro symbolique. Cependant, ce projet ambitieux se heurte à des délais extrêmement serrés. « Au plus tard le 24 avril, nous devons avoir la totalité des convocations des assemblées générales des copropriétés », insiste l'édile. Ces assemblées, qui doivent se tenir avant le 30 mai, doivent valider un cahier des charges et le principe de la vente.
À ce stade, sur les huit copropriétés concernées, trois ont transmis les documents nécessaires, et toutes ont déjà voté en faveur du principe de la vente. Parallèlement, chaque commerçant ou propriétaire de commerce doit signer une convention relative à la sécurité. Ces démarches sont essentielles pour rassurer la préfecture et permettre la finalisation de l'acte de vente chez le notaire.
Les commerçants entre inquiétude et exigences
Si le rachat municipal se concrétise, la mairie assumerait l'ensemble des frais, incluant 600 000 euros annuels pour l'entretien et des travaux de mise aux normes estimés à 1,5 million d'euros. Néanmoins, elle demande une participation des commerçants à hauteur de 20 % pour les coûts de sécurité, via des conventions encore en attente de signature.
Cette perspective suscite des réserves et des craintes parmi les commerçants. Eric Martin, président de l'USPI (association des commerçants d'Isola 2000), réfute les accusations de la maire concernant des recours multiples. « On ne fait pas de blocage », affirme-t-il, expliquant que leurs actions visent uniquement à protéger les intérêts des commerçants. Après une fermeture imposée de treize jours en juillet dernier, l'USPI a investi massivement dans un système de sécurité incendie.
L'association réclame avant tout un cadre clair et durable. « Que le budget soit maîtrisé car ces dernières années, dans la galerie, on a vu les coûts exploser », souligne Pierre-Pascal Bastanti, commerçant et élu d'opposition. Il plaide pour la création d'un comité de gestion associant copropriétaires et commerçants, afin d'assurer un droit de regard sur les dépenses. Malgré ces tensions, il exprime sa « peur que la galerie ferme au 1er mai ».
Un dossier juridique et administratif épineux
La complexité du dossier est encore accentuée par un recours déposé par un copropriétaire devant le tribunal administratif, contestant la validité d'un vote en assemblée générale. La décision sur ce recours a été mise en délibéré au 29 mai, ajoutant une incertitude supplémentaire au calendrier déjà tendu.
Face à cette impasse, Eric Martin en appelle aux services de la préfecture pour « aider à résoudre tout le dossier » et apaiser les tensions. Dans ce contexte de fortes pressions, la maire Mylène Agnelli tente de garder espoir. « Je suis de nature optimiste », confie-t-elle, alors que la date du 1er mai approche inexorablement.
Si aucune solution pérenne n'est trouvée d'ici là, la gestion de la galerie reviendra de fait aux copropriétaires et commerçants. Il leur incomberait alors de présenter un système de gestion et de financement viable, sous le contrôle exigeant des services de l'État. L'enjeu est de taille pour l'économie locale et l'accès aux services de cette station de sports d'hiver emblématique.



