La CGT a déposé un préavis de grève d'un mois chez Marionnaud, mardi 25 août, pour protester contre le rachat annoncé de l'enseigne par David Konckier, principal actionnaire du groupe de cosmétiques français Bogart. Le syndicat craint la fermeture de 110 magasins parmi les moins rentables, sur les 380 que compte la chaîne en France. À Montpellier, les magasins du Triangle, de Pérols et de la Grand-rue Jean-Moulin sont particulièrement menacés.
Un rachat qui inquiète les salariés
CK Hutchison, conglomérat géant de Hong Kong et propriétaire du groupe chinois AS Watson, qui a racheté Marionnaud en 2005, est en passe de vendre la chaîne à David Konckier. Ce dernier a créé la société BEHN en vue de cette opération. La CGT Marionnaud, premier syndicat représenté dans l'enseigne, s'oppose à cette vente et a appelé à une grève reconductible à partir du lundi 31 août à 10 heures.
« La direction et le repreneur refusent d'apporter des garanties sur la sécurisation des emplois et l'avenir des salariés, déplore Stéphanie Forté, déléguée syndicale CGT. Nous avons appelé à une grève reconductible ce lundi 31 août à 10 heures. Un rassemblement se déroulera devant le siège de Marionnaud, à Paris. D'autres actions se dérouleront en province dans la semaine ».
Des magasins dans un état déplorable
Autour de Montpellier, la situation est préoccupante. « Le magasin de Pérols est fermé lundi matin. C'est un de ceux qui sont menacés avec celui du Triangle, qui est dans un état déplorable. C'est aussi le cas de celui de la Grand-rue Jean-Moulin. Les back-offices – espaces réservés aux salariés – ont également été privés d'investissement », précise la déléguée syndicale.
L'enjeu pour les syndicats est de peser dans les négociations. « Nous sommes surtout mobilisés d'ici le 7 septembre, date à laquelle sera communiquée une enquête sur les risques psycho-sociaux ». Réalisée par un cabinet indépendant, elle sera remise au CSE (Comité social et économique).
Une enseigne en perte de vitesse
« En manque d'investissement depuis de nombreuses années », Marionnaud ne représente plus que 12 % des ventes en France, loin derrière Sephora et Nocibé. Ses ventes sont également plus faibles sur internet et ses surfaces de vente plus petites. Cette situation fragilise l'avenir des 4 000 salariés français de la chaîne de parfumerie.
La grève et les rassemblements prévus cette semaine visent à obtenir des garanties écrites sur la sécurisation des emplois avant la finalisation de la vente. Les salariés de Montpellier et d'ailleurs attendent des réponses concrètes de la direction et du repreneur lors des prochaines négociations.



