Une start-up varoise dans l'univers des cartes à collectionner
Dans le hall de l'Intermarché Super de Brignoles, un distributeur mauve attire l'attention. À l'intérieur, pas de sodas, mais des centaines de petits sachets brillants : des « boosters » contenant dix cartes chacun, issus des univers Pokémon, Dragon Ball ou One Piece. Sylvain Pacini, 34 ans, gérant de la machine, précise : « Au total ça fait presque 1 400 boosters. » Originaire d'Hyères, il est le fondateur de Tsuki Universe (ex-Poké Universe), spécialisée dans la vente de cartes Pokémon. « Le changement de nom ? C'est juste que je ne voulais pas avoir de problèmes avec Nintendo pour les droits d'auteur », plaisante-t-il.
L'entrepreneur a lancé son activité en 2024 après huit ans comme patron d'une pizzeria. « Je passais de moins en moins de temps avec mes enfants. Aujourd'hui, j'ai la liberté d'aménager mes journées. Même si je travaille toujours autant, j'ai l'esprit plus libre », confie-t-il. Avant cela, il avait aussi géré une entreprise de lavage de véhicules.
Un réseau national en construction
Sylvain Pacini possède actuellement trois distributeurs : à Brignoles, Cuers et Carnoules, tous situés à l'entrée de centres commerciaux. « Ce sont des lieux avec énormément de passage et de visibilité », explique-t-il. Deux nouvelles machines seront installées d'ici fin août dans les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes. Mais son ambition va bien au-delà : « Mon ambition est de construire un réseau national. Ça va prendre du temps, mais je suis motivé. J'ai déjà reçu des offres de structures basées à Perpignan, Béziers et Caen. »
Le succès est immédiat : certains compartiments se vident rapidement. « Je suis pourtant passé hier pour réapprovisionner, d'habitude je ne refais le plein que deux fois par semaine, mais là je pense qu'il va falloir venir plus souvent », constate-t-il.
De la vente en ligne à la communauté
Avant les distributeurs, Sylvain Pacini a débuté sur la plateforme de live shopping Whatnot. « Je fixe toujours l'offre de départ à un euro mais les prix grimpent très vite », explique-t-il. Il a développé un public fidèle : une centaine de spectateurs réguliers lors de ses sessions. « C'est aussi pour rencontrer des gens aussi passionnés que moi que j'ai commencé », ajoute-t-il.
Sa présence sur YouTube et Instagram lui apporte une forte visibilité : ses plateformes cumulent 78 000 abonnés. « Sans eux, je n'aurais jamais pu me développer aussi rapidement. J'essaie vraiment de leur montrer l'envers du décor, d'interagir avec eux et de créer une vraie communauté », dit-il. Il a appris à gérer les critiques : « Sur Internet, les gens dénigrent facilement. Maintenant, ça ne m'impacte plus, ça m'a fait grandir. »
Un business pérenne et solidaire
Dans un entrepôt de 130 m² près de Brignoles, Sylvain Pacini stocke ses cartes, négociées auprès d'une dizaine de fournisseurs dans le monde. Il croit à la pérennité du produit : « Pokémon est devenu un véritable business. Il y a sans cesse des articles inédits et de nouvelles cartes qui permettent à la franchise de perdurer au fil des générations. » Pour écouler les invendus, il organise des distributions dans les écoles et hôpitaux. « Voir ces jeunes avec des étoiles plein les yeux lorsqu'ils ouvrent un sachet, ça me replonge en enfance », conclut-il.



