Le Livret A, placement favori des Français, traverse une période de désamour inédite. Sur les six premiers mois de l'année 2026, les retraits ont dépassé les versements de 5,93 milliards d'euros, un record depuis 2008, selon les données publiées mercredi par la Caisse des dépôts. Ce chiffre historique s'explique principalement par la baisse du taux de rémunération du Livret A, passé de 3% à 1,5% en février 2026.
Un premier semestre historiquement négatif
La décollecte nette du Livret A a atteint 5,93 milliards d'euros entre janvier et juin 2026, soit la plus forte sortie nette jamais enregistrée pour un premier semestre depuis que la Caisse des dépôts consolide ces données en 2008. En incluant le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), la décollecte totale s'élève à 6,89 milliards d'euros sur la même période.
À titre de comparaison, la collecte nette cumulée des deux livrets était positive de 6,03 milliards d'euros au premier semestre 2025, de plus de 15 milliards en 2024 et de près de 26 milliards en 2023, année record. Ce retournement traduit un désengagement massif des épargnants, attirés par des placements plus rémunérateurs.
La baisse du taux en cause
Le taux du Livret A a été abaissé à 1,5% le 1er février 2026, après avoir été maintenu à 3% pendant plusieurs mois en 2023 et 2024. Cette diminution de moitié a mécaniquement réduit l'attractivité du produit, d'autant que l'inflation, bien qu'en repli, reste supérieure à ce rendement. Selon la Caisse des dépôts, cette baisse est la principale explication de la décollecte.
Un rebond attendu après le relèvement d'août
Face à cette situation et au regain d'inflation au premier semestre, le gouvernement a décidé mi-juillet de relever le taux du Livret A à 1,7% à compter du 1er août 2026. Cette mesure, valable également pour le LDDS (mais pas pour le Livret d'épargne populaire, maintenu à 2,5%), est applicable jusqu'au 31 janvier 2027. L'objectif est d'enrayer la chute de la collecte et de redonner confiance aux épargnants.
« Ce relèvement devrait permettre de stabiliser la collecte et de retrouver un équilibre », a commenté un porte-parole de la Caisse des dépôts. Reste à savoir si cette hausse, modeste par rapport au taux précédent de 3%, suffira à inverser durablement la tendance.



