Le ministre des Transports, Sébastien Lecornu, a annoncé ce mardi 24 juin 2026 que la ligne à grande vitesse (LGV) reliant Bordeaux à Toulouse serait intégralement financée par des fonds publics. Ce projet, estimé à 14 milliards d'euros, doit permettre de réduire le temps de trajet entre les deux métropoles à 1 heure 10 minutes, contre 2 heures 10 minutes actuellement.
Un engagement ferme de l'État
Lors d'une conférence de presse à Toulouse, Lecornu a déclaré : « L'État prendra à sa charge la totalité du financement de cette infrastructure essentielle pour le développement du Grand Sud-Ouest. » Il a précisé que le budget serait réparti sur plusieurs exercices, avec une première tranche de 2 milliards d'euros dès 2027.
Le projet, longtemps discuté, avait été suspendu en 2023 en raison de son coût élevé. L'annonce du ministre marque un revirement majeur, alors que le gouvernement privilégiait jusqu'ici un partenariat public-privé.
Les retombées économiques attendues
Selon une étude de la région Occitanie, la LGV pourrait générer 30 000 emplois directs et indirects d'ici 2040. Les collectivités locales, dont la région Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine, avaient déjà voté des contributions, mais le financement public évite tout risque de dérive des coûts souvent associé aux PPP.
« C'est une victoire pour les usagers et pour l'aménagement du territoire », a réagi Carole Delga, présidente de la région Occitanie, saluant une décision « historique ».
Un calendrier précis
Les travaux préparatoires débuteront en 2027, avec une mise en service commerciale visée pour 2034. Le tracé, long de 200 kilomètres, comprendra une gare nouvelle à Montauban. Le ministre a également évoqué une possible extension vers l'Espagne à l'horizon 2040.
Le financement public intègre une enveloppe de 500 millions d'euros pour des mesures environnementales, dont le reboisement et la protection des zones humides.
Les opposants au projet, notamment des associations écologistes, dénoncent un coût trop élevé pour les finances publiques et un impact carbone important. « 14 milliards pour une ligne qui ne réduira que de 30 % le trafic aérien, c'est un mauvais calcul », estime un porte-parole de France Nature Environnement.



