Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE), a ouvert une porte qu'elle s'était contentée d'entrebâiller jusqu'ici. Dans un entretien accordé aux Échos, elle affirme ne pas exclure un départ avant la fin de son mandat, prévue en octobre 2027, pour intervenir dans le débat présidentiel français. Toutefois, elle estime que ce scénario n'est pas d'actualité.
Une capitaine qui doit rester à bord
Alors que la guerre au Moyen-Orient a provoqué un retour des tensions inflationnistes et poussé la BCE à relever ses taux le 11 juin, Christine Lagarde juge que « la capitaine du bateau BCE doit rester à bord » afin de garantir la stabilité des prix dans la zone euro. Interrogée sur un éventuel départ anticipé si la situation s'apaisait, elle répond : « C'est possible. Je pense qu'une voix européenne doit s'exprimer dans le débat présidentiel français. »
Une préoccupation pour l'ancrage européen de la France
L'ancienne ministre de l'Économie se dit particulièrement préoccupée par l'éventualité d'un débat remettant en question la place de la France au sein de l'Union européenne. « S'il se dessinait, dans ce débat, une perspective réductrice de l'ancrage français au sein de l'Europe, je pense qu'il faudrait expliquer pourquoi cela serait une voie douloureuse pour notre pays et pour nos concitoyens », affirme-t-elle.
Des décisions courageuses pour la France
Selon elle, la prochaine campagne présidentielle devra aborder de front les défis économiques du pays. « La France va devoir prendre des décisions courageuses sur des sujets difficiles. Les candidats à l'élection présidentielle ont pour devoir de regarder ces sujets et de proposer des solutions », déclare-t-elle. Christine Lagarde avait déjà laissé entendre, le 15 juin, qu'elle souhaitait s'impliquer dans le débat public, tout en assurant ne pas être candidate à « quoi que ce soit ».
Pas de candidature personnelle envisagée
Dans les Échos, elle répète cette prudence lorsqu'elle est interrogée sur un éventuel soutien à un candidat ou sur une candidature personnelle. « Je vais m'interroger », répond-elle d'abord avec humour, avant de corriger : « Non, je plaisante. Je pense que ce n'est pas d'actualité. » La prochaine élection présidentielle française est prévue les 18 avril et 2 mai 2027. D'ici là, Christine Lagarde entend rester à la tête de la BCE.



