Banque : recrutements au plus bas depuis 2013 avec 34 400 embauchés
Banque : recrutements au plus bas depuis 2013 avec 34 400

Le secteur bancaire français a embauché 34 400 personnes en 2025, selon les données publiées mardi par la Fédération bancaire française (FBF). Ce chiffre représente une baisse de 10,2 % par rapport à 2024 et le plus faible niveau depuis 2013. L'effectif total des salariés en CDI et CDD s'établit à 350 700, en recul de 0,7 % sur un an, un niveau inédit depuis 2021 si l'on exclut les alternants.

Digitalisation et baisse de fréquentation des agences

Comme ces dernières années, les banques ne remplacent pas l'ensemble des départs (retraites, démissions, licenciements) en raison de la digitalisation croissante et de la baisse de la fréquentation physique des agences. La FBF précise que l'essor des outils informatiques transforme les métiers et réduit les besoins en personnel.

Cette tendance de fond n'est pas nouvelle. Dès la fin des années 1970, un rapport s'interrogeait sur le risque de voir la banque devenir « la sidérurgie de demain ». Aujourd'hui, l'intelligence artificielle accélère cette mutation, notamment dans la banque de détail, laissant présager des effectifs encore plus réduits à l'avenir.

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Des disparités entre banques AFB et mutualistes

La baisse des effectifs est plus marquée dans les établissements de l'Association française des banques (AFB) – comme BNP Paribas et Société générale – que dans les banques mutualistes (Banques populaires, Caisses d'épargne, Crédit agricole, Crédit mutuel). Ainsi, Société générale a annoncé la suppression de 1 800 postes en France d'ici fin 2027, après une précédente vague de 3 700 suppressions entre 2023 et 2025.

Malgré ces réductions, le secteur bancaire représente encore 1,8 % de l'emploi salarié privé en France, selon la FBF.

L'apprentissage en forte baisse

Le nombre d'alternants dans la banque a également chuté : 18 100 en 2025, soit une baisse de 8,6 % sur un an et le plus bas niveau depuis 2021. La présidente de la FBF, Maya Atig, a reconnu le 21 juillet : « On a nettement baissé » mais « moins que d'autres secteurs ». Elle attribue ce recul au « repli de la politique publique de soutien à l'apprentissage ».

En effet, l'aide à l'embauche d'un apprenti a été réduite l'an dernier : elle est passée de 6 000 à 5 000 euros pour les PME de moins de 250 salariés, et à 2 000 euros pour les entreprises de plus grande taille, comme les banques. Le nombre total d'apprentis en France était passé de 430 000 en 2017 à plus d'un million en 2023, avant cette baisse. La Cour des comptes avait critiqué en 2022 et 2023 les « montants très élevés et la dynamique de la dépense » ainsi que la faiblesse des critères d'attribution.

Parité : un plafond de verre persistant

Les femmes sont majoritaires dans le secteur bancaire, représentant plus de 56 % des effectifs. Cependant, cette proportion s'inverse à mesure que les responsabilités augmentent. Aucune grande banque française n'a jamais été dirigée par une femme. Parmi les sept directions générales ou déléguées de BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole SA, toutes sont occupées par des hommes.

Quelques exceptions existent dans la direction : Anne Sophie Van Hoove est directrice générale déléguée au Crédit mutuel, Béatrice Lafaurie au directoire de BPCE et Sophie Renaudie à La Banque postale. Mais la parité reste absente des plus hauts postes.

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