Joueuses de rugby filmées sous la douche : une pétition pour les soutenir
Rugby : des joueuses filmées sous la douche, une pétition lancée

Une affaire sordide secoue le club de rugby féminin du Sporting Club Salonais (SCS) à Salon-de-Provence, dans les Bouches-du-Rhône. En décembre 2025, des joueuses auraient été filmées à leur insu sous la douche via la porte communicante des vestiaires du stade Marcel-Roustan. Elles accusent des membres de l'équipe masculine senior d'avoir réalisé ces images, qui auraient ensuite circulé sur WhatsApp et Snapchat.

Un profond malaise et un sentiment d'abandon

Six mois après les faits, le sentiment d'abandon domine chez les victimes. « Nous avions l’impression que c’était à nous de nous adapter, plutôt que d’être protégées », ont-elles déclaré au quotidien La Provence. Elles regrettent que la volonté de préserver l’image et les résultats du club ait pris le pas sur leur sécurité. Confrontées à l’absence de sanctions immédiates et à une gestion interne perçue comme timide, plusieurs joueuses envisagent de quitter le club ou de mettre leur carrière entre parenthèses, rendant incertain le maintien de l’équipe pour la rentrée prochaine.

Une mobilisation citoyenne et des soutiens institutionnels

Face au silence et à l’attente, une pétition en ligne a été lancée, appelant la Fédération Française de Rugby (FFR) et la Ligue Sud à réagir. Ce jeudi 30 juillet 2026 en fin d’après-midi, elle totalisait plus de 3 800 signatures. Elle réclame « l’ouverture d’une enquête interne approfondie et impartiale », « la prise de mesures conservatoires et l’application de sanctions » ainsi qu’un « rappel strict du cadre réglementaire concernant le respect de l’intimité et de la vie privée ».

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Depuis, la FFR s’est constituée partie civile et propose un soutien psychologique 24h/24 aux victimes. Le sujet a même été évoqué lors du dernier conseil municipal de Salon-de-Provence, où l’opposition a interrogé la municipalité sur la sécurité des enceintes sportives. En réponse, le maire a annoncé des travaux de mise aux normes des vestiaires, tout en appelant à ne pas faire d’amalgame autour de ce club historique de 122 ans.

Des lenteurs judiciaires et des questions en suspens

Sur le plan judiciaire, le dossier patine. Malgré l’audition d’une vingtaine de personnes par le parquet d’Aix-en-Provence, les enquêteurs n’ont, à ce jour, ni identifié les auteurs ni retrouvé les vidéos. Cette situation laisse un goût amer dans le monde du rugby et soulève des interrogations sur la protection des sportives.

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