Ramoneur dans les Cévennes : anticiper plutôt que subir
Ramoneur cévenol : anticiper plutôt que subir

Alors que les températures dépassent les 35 °C dans le Gard, Mickaël Lopez, artisan ramoneur installé à La Grand-Combe, intervient chez un particulier pour nettoyer une cheminée ouverte des années 80. Sa devise : « Anticiper plutôt que subir ». Il explique qu'il est préférable de faire ramoner son conduit au printemps ou en été, même si cela implique de travailler dans une chaleur accrue, avec des écarts allant jusqu'à +10 °C par rapport à l'air ambiant.

Un métier actif toute l'année

Contrairement aux idées reçues, le ramonage ne se limite pas à la saison hivernale. Mickaël Lopez, à la tête de la société Lopez service ramonage, s'occupe des cheminées et des poêles à granulés tout au long de l'année. Cette activité est d'autant plus essentielle que la réglementation impose un entretien régulier. Depuis le décret n° 2023-641 du 20 juillet 2023, intégré au Code de la santé publique, un ramonage mécanique doit être effectué au minimum une fois par an pour les conduits de fumée desservant les appareils de chauffage. Pour les équipements fonctionnant au bois, un second ramonage est obligatoire si la consommation annuelle dépasse 6 m³ de bois.

Le non-respect de cette obligation peut entraîner une amende pouvant atteindre 450 €. Mais au-delà de l'aspect financier, les conséquences en cas de sinistre peuvent être graves. Les compagnies d'assurance exigent généralement un certificat de ramonage pour valider les indemnisations.

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Des installations souvent non conformes

Mickaël Lopez, fils de ramoneur, constate que la majorité des installations qu'il inspecte dans le nord du Gard et le sud de la Lozère ne sont pas aux normes. Il raconte avoir vu des cas extrêmes, comme un poêle à bois installé par des particuliers contre une surface en bois, ou encore des trappes d'accès non étanches et des réparations faites avec du scotch aluminium. « Certaines installations vous donnent envie de partir en courant ! », s'exclame-t-il.

Un conduit encrassé favorise l'accumulation de suies et de bistre, augmentant fortement le risque de feu de cheminée. Il peut également provoquer un mauvais tirage, une combustion incomplète et une production de monoxyde de carbone, un gaz invisible, inodore et potentiellement mortel. Les conduits vieillissants peuvent aussi libérer des fibres d'amiante dangereuses.

Des cheminées interdites dans certaines communes

Lors de son intervention, Mickaël Lopez attribue une bonne note à la cheminée ouverte des années 80 : pas de conduits fissurés, ni de tubages inadaptés, ni de défauts d'étanchéité. Cependant, ce type de foyer est déjà interdit dans certaines communes françaises en raison de la pollution de l'air. Le Gard n'est pour l'instant pas concerné, mais le ramoneur prévient que cela pourrait changer. « Mais vous connaissez les Cévenols, ils l'utiliseront quand même », glisse-t-il avec un sourire.

Pour éviter les désagréments, l'artisan recommande de faire appel à un professionnel dès le printemps ou l'été. Cela permet de vérifier l'état des conduits et de réaliser les travaux nécessaires avant l'hiver. Une démarche qui s'inscrit dans une logique de prévention et de sécurité.

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