Le maire de Nîmes, Vincent Bouget, a réagi ce dimanche 9 août aux révélations du courrier du ministre de la Justice Gérald Darmanin, qui pointait des dysfonctionnements dans le traitement des violences sexuelles sur mineurs, notamment à Nîmes où 1 275 procédures dites « fantômes » ont été découvertes. Dans un communiqué, il appelle à « des décisions courageuses et ambitieuses » et se dit prêt à contribuer à une réflexion avec les services de l’État.
Des révélations qui appellent une remise en question
Pour Vincent Bouget, ces révélations doivent d’abord conduire à une remise en question de la société, « capable de produire autant d’actes de violence sexuelle sur des victimes de plus en plus jeunes ». Il estime qu’il est nécessaire de se pencher sur les causes de ces dysfonctionnements, qualifiés de « structurels » par le ministre, plutôt que de s’en prendre à des défaillances individuelles ou géographiques.
« Les déchaînements de haine, les décomplexions masculinistes et machistes ainsi que les arguments simplistes pour répondre à des maux qui sont loin de l’être n’aident pas à une prise de conscience collective nécessaire ni à une éducation qui prenne en considération ces questions », a-t-il déclaré.
La question des moyens au cœur du débat
Au-delà de la prise de conscience, le maire de Nîmes insiste sur la nécessité de doter la justice, la police et les services de l’État de moyens exceptionnels. « Comme d’habitude, il nous faut être mis en face de l’innommable, de la douleur inacceptable des victimes et de leurs proches, pour se rendre compte qu’une priorité, pour l’être réellement, doit être dotée de moyens exceptionnels », a-t-il souligné.
Il prévient également que mettre en opposition la police, la justice et les services de médiation ne réglera pas ce « fléau de notre époque ». Vincent Bouget se dit ainsi disponible pour réfléchir à un projet intégrant « la prévention, l’éducation, l’accompagnement, la répression, la justice et des conditions réunies pour que les condamnations soient réellement appliquées et suivies ».
Un appel à ne pas attendre un prochain drame
Le maire conclut en appelant à ne pas attendre un prochain acte irréversible pour agir. « Les sous-dimensionnements, qualifiés par le rapport lui-même de “parfois extrêmes”, s’ils ne peuvent pas être une découverte, doivent servir de base pour construire la réponse à la hauteur des enjeux », a-t-il écrit. Il lance un appel à la responsabilité collective : « Ne laissons pas les agitateurs des drames humains laisser croire qu’il suffit de punir, voire d’éliminer, pour régler définitivement le problème. »
Vincent Bouget réaffirme sa disponibilité pour « contribuer, avec les services de l’État, de la Police et de la Justice, à la réflexion et à la proposition de réelles solutions ». Ces déclarations interviennent alors que l’affaire Lyhanna, qui a conduit à la révision de nombreuses plaintes, a mis en lumière les carences du système judiciaire dans le traitement des violences sexuelles sur mineurs.



