Pèlerinage de Notre-Dame du Mai à Six-Fours : une tradition vivante le 1er mai
Pèlerinage de Notre-Dame du Mai : tradition vivante le 1er mai

Une chapelle entre ciel et mer

Perchée au sommet du cap Sicié, la chapelle Notre-Dame de Bonne Garde, plus connue sous le nom de Notre-Dame du Mai, est édifiée en 1625. Si elle est d’abord un lieu de culte, sa position dominante lui confère rapidement un rôle stratégique. À cette époque, la côte est sous surveillance : des hommes de la garde royale y sont postés pour observer la mer. Grâce à leurs longues-vues, ils scrutent l’horizon et signalent la présence de navires ou de galères à l’aide de feux ou de fumées.

Un épisode marquant va pourtant transformer la vocation du site. Quelques mois seulement après sa construction, la tour est frappée par la foudre. Le gardien, miraculeusement épargné, devient le symbole d’une protection divine. L’événement marque les esprits et donne naissance à un lieu de dévotion dédié à la Vierge Marie. Très vite, le sommet devient un point de rassemblement pour les fidèles. Le pèlerinage s’installe dans les pratiques locales, porté par une foi populaire intense.

Un témoignage précieux nous est parvenu, daté du 7 octobre 1658. Dans une lettre adressée à Blaise Pascal, son beau-frère, M. Perier décrit une scène saisissante : « Les hommes de ce pays sont très pieux et effectuent le pèlerinage nu-pieds, en signe de pénitence et pour remercier la Vierge très puissante de sa miraculeuse protection un soir d’orage. Vous auriez aimé prendre part à cette cérémonie empreinte de ferveur. » Plus de trois siècles plus tard, l’esprit de cette tradition demeure intact, chaussures en plus.

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Une journée entre spiritualité et convivialité

Le 1er mai, la journée s’ouvrira dès 8 h 15 avec un rassemblement à l’église Notre-Dame de l’Assomption, dans le centre de Six-Fours. À 10 h, la procession s’élancera depuis l’aire des Masc, avec la Vierge portée par les marins de la SNSM, symbole fort de la relation entre les hommes et la mer. La messe chantée par Lou Raioulet à 10 h 45 marquera le temps fort spirituel de la matinée. Puis, place à la convivialité : apéritif musical avec la Philharmonique La Six-Fournaise, pique-nique tiré du sac et concours de pétanque rythmeront l’après-midi.

Afin de permettre au plus grand nombre de participer, un service de navette sera mis en place spécialement pour la journée. Un premier départ est prévu le matin depuis l’église Notre-Dame de l’Assomption. Ensuite, des rotations seront assurées entre l’aire des Masc et la chapelle Notre-Dame du Mai, facilitant l’accès au site jusqu’à la fin de la messe.

Témoignages d’un pèlerinage populaire

Aujourd’hui encore, la tradition se perpétue et sur les réseaux sociaux, les témoignages sont nombreux. Chaque 1er mai, des centaines de pèlerins gravissent la montagne pour honorer Notre-Dame du Mai. Beaucoup gardent en mémoire des souvenirs marquants, souvent transmis de génération en génération.

  • Marc se souvient : « Quand j’étais enfant, les anciens appelaient la chapelle Notre-Dame du Mai, la Bonne Mère. »
  • Viviane raconte : « Quand j’étais jeune, on partait à pied en famille, souvent accompagnés des voisins, depuis l’usine des tuileries. On faisait une pause pique-nique près de la source du Roumanian. En chemin, il n’était pas rare de croiser des pèlerins marchant pieds nus. »
  • Patou confie : « À l’époque, certaines personnes montaient avec des pois chiches secs dans leurs chaussures pour remercier la Bonne Mère d’un vœu exaucé… Certains partaient même du Brusc ! »
  • Pascale ajoute : « Ma belle-mère est montée pieds nus en 1978. Son fils a obtenu son bac cette année-là. Elle disait que son vœu avait été exaucé. »

Autant de récits qui témoignent d’une foi simple, mais profondément ancrée dans le territoire.

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