Sarah Bourgeois, fille du compositeur Gérard Bourgeois, a remporté aux enchères la guitare flamenco de Brigitte Bardot, un instrument offert par Manitas de Plata dans les années 1970, pour 9 000 euros hors frais, soit bien plus que l'estimation initiale de 300 à 500 euros. L'instrument, qui se trouvait à La Madrague, la maison de Saint-Tropez de l'actrice, rejoint ainsi la famille de celui qui en avait composé la musique.
Une acquisition chargée d'histoire
« Il y a derrière mon achat une histoire assez singulière. Je suis la fille de Gérard Bourgeois, compositeur de la musique de La Madrague, Moi je joue ou C'est rigolo, écrites avec Jean-Max Rivière parmi une trentaine de chansons pour Brigitte Bardot. Plus de soixante ans après la naissance de cette chanson devenue indissociable de BB et de sa maison de Saint-Tropez, la guitare qui se trouvait précisément à La Madrague rejoint donc la famille de celui qui en avait composé la musique ! », raconte-t-elle depuis son pied-à-terre marseillais.
L'instrument, de marque Admira, renvoie à l'imaginaire gipsy cher à Brigitte Bardot et incarne une volonté d'honorer la mémoire du père disparu en 2016. « J'ai une admiration respectueuse pour Brigitte. Je me suis battue pour décrocher cet instrument et j'ai dépensé bien plus que prévu ! », poursuit Sarah, qui a eu bien du mal à distancer un enchérisseur londonien.
Deux autres objets emblématiques
Sarah Bourgeois a également acquis le rocking-chair de Brigitte Bardot et son miroir psyché, désormais installés dans sa chambre. « J'aurais voulu tout acheter ! », s'enthousiasme-t-elle, elle qui est habituellement très zen dans sa posture d'enseignante de yoga.
Si elle n'a pas fréquenté Brigitte Bardot enfant dans le sillage paternel, elle conserve précieusement toutes les « reliques » de l'époque, des manuscrits de partitions des titres de Brigitte jusqu'aux paroles de La Madrague griffonnées par l'ami auteur Jean-Max Rivière. Gérard Bourgeois et Jean-Max Rivière formaient un duo à tubes pour Juliette Gréco, Michel Delpech, Nicole Croisille, Françoise Hardy, France Gall, Sylvie Vartan ou encore Barbara.
Une histoire familiale avec Barbara
« C'est peu connu, mais mon père a quitté ma mère pour elle dans les années 70. Il lui a composé l'Homme en habit rouge. J'ai moi-même un amour inconditionnel pour la chanteuse au point d'avoir fait une tournée intitulée Il était une fois Barbara lorsque j'avais 20 ans. J'accompagnais mon père au chant ! », confie Sarah, qui a fini par jouer sur la corde sensible des guitares de son père.
L'achat raté de l'appartement parisien
L'histoire aurait pu se résumer à bien plus que trois objets. Sarah Bourgeois a failli être la nouvelle propriétaire de l'appartement parisien de Brigitte Bardot, rue de la Tour, dont son mari Bernard d'Ormale a l'usufruit. « Avec mon époux nous avions remporté cette autre enchère il y a trois mois. Mon idée était d'en faire une maison-musée ou bien une maison d'hôtes autour du culte de Brigitte Bardot. Premier accroc, la vente n'a pas abouti car nous n'avions pas atteint le prix de réserve... On nous a dit malgré tout qu'en ajoutant une somme, l'appartement nous revenait. Nous étions donc sur le point de signer le compromis devant le notaire, lorsque nous avons été informés de gros problèmes d'urbanisme à régulariser... Et cette fois, c'est nous qui avons dû nous désister avec grande tristesse... », raconte Sarah.
Ne se résignant pas, elle est désormais en quête d'un pied-à-terre à Saint-Tropez, sur les terres de son idole.