À 27 ans, Angèle Lesluin ouvre son atelier de réparation de cuivres à Nîmes
À 27 ans, Angèle Lesluin ouvre son atelier de réparation de cuivres

Angèle Lesluin, 27 ans, a ouvert samedi dernier son atelier de réparation d'instruments en cuivre, baptisé Les Musicottes, dans le quartier Jean-Jaurès à Nîmes. Installée dans une ancienne boucherie rénovée au 22 rue des Tilleuls, la jeune femme a rapidement attiré l'attention des voisins, passants et musiciens.

« J'ai l'impression que toutes les étoiles se sont alignées, confie-t-elle. Tout le monde me porte. J'ai fait très peu de communication, et les informations se répandent vite, avec des premières commandes alors que l'atelier n'était pas encore ouvert. »

Un parcours atypique entre design et musique

Originaire de Mende, Angèle Lesluin a commencé par des études de design avant de se tourner vers les métiers du bois à Versailles. « J'étais attirée par les objets beaux et utiles », explique-t-elle. Musicienne depuis l'enfance – flûte traversière à 5 ans, puis trompette – elle a été guidée par son mentor, le directeur du Conservatoire de Versailles, vers l'ITEMM (Institut Technologique Européen des Métiers de la Musique) au Mans, seule école en France à former aux métiers de la réparation et fabrication des instruments à vent.

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Elle a effectué son CAP en alternance dans l'entreprise d'Adrien Jaminet en région parisienne, encadrée par le chef d'atelier Clément Baldzuhn. « J'aurais pu poursuivre sur un Brevet des métiers d'art, mais le Sud me manquait et mon compagnon est à Nîmes. »

Un atelier unique à Nîmes

Suivant l'exemple d'une camarade de promotion, Angèle Lesluin a décidé de créer sa propre entreprise à Nîmes, où aucun atelier de ce type n'existait. Les démarches se sont déroulées avec une fluidité surprenante. L'étude de marché l'a mise en relation avec Isabelle, musicienne et propriétaire du local de la rue des Tilleuls. « Je n'ai même pas eu à le chercher. Et dès l'étude de marché, j'ai vu l'enthousiasme des musiciens : c'est très motivant. »

Les professeurs du Conservatoire nîmois, les fanfares locales et ses confrères de Bernis ou Alès ont également manifesté leur soutien.

Un métier de précision et d'émotion

Angèle Lesluin préfère le terme de « réparatrice » à celui de facteur. Elle utilise des outils de bijoutiers, plombiers et garagistes pour entretenir et réparer trompettes, trombones, cornets à pistons, tubas… « Je pose d'abord le diagnostic, puis selon le problème, je répare l'instrument sur le moment ou en quelques jours. Je souffle ensuite pour vérifier que tout est en place. Ce sont surtout des révisions à réaliser une fois par an. Un cuivre a une durée de vie limitée en raison de l'oxydation due à la confrontation entre le tube froid et l'air chaud. On peut ainsi ralentir cette dégénérescence programmée. »

« Ce métier m'offre le plaisir d'être dans l'ombre, de garantir aux musiciens le plaisir de jouer. Quand j'entends résonner des instruments que j'ai réparés, c'est un rappel de pourquoi j'ai choisi cette profession. Un instrument a une valeur sentimentale pour quelqu'un : le rendre jouable et présentable est émouvant… », confie-t-elle.

Atelier Les Musicottes, 22 rue des Tilleuls, Nîmes. Tél : 06 86 58 11 86.

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