Deux événements, l'un de la Confédération paysanne et l'autre de la Coordination rurale, devaient se dérouler à Garrigues-Sainte-Eulalie. À leur surprise, la maire de la commune a préféré ne pas les accueillir.
Un refus qui interpelle
Garrigues-Sainte-Eulalie, 762 habitants, est un village situé entre Nîmes, Alès et Uzès, au centre du Gard. Depuis trois ans, la branche départementale de la Confédération paysanne y organisait en octobre sa fête annuelle. Cependant, pour l'édition 2026, la nouvelle équipe municipale, élue en mars, a refusé la location de la salle municipale.
« La mairie nous a indiqué refuser notre demande de location suite à une demande de la Coordination rurale (CR) », raconte Simon Le Berre, porte-parole de la Confédération paysanne. Un motif qui a surpris et quelque peu heurté. « On veut très souvent opposer les deux syndicats, la CR étant considérée comme proche de l'extrême droite et nous de l'extrême gauche, poursuit Simon Le Berre. Mais dans le Gard, il faut le souligner, nos relations sont bonnes ! »
Une entente confirmée par Geoffrey Bastide, porte-parole de la CR, qui raconte avoir eu la même déconvenue avec cette équipe municipale : « De notre côté, nous avions demandé cette salle pour notre AG de décembre, la maire nous l'a refusé pour les mêmes raisons. »
« On aurait pu dire oui à tout le monde, mais on a décidé l'inverse »
Contactée, la maire Marie-Camille Dugas a assumé ces décisions en affirmant « ne pas vouloir faire de politique » en refusant de recevoir les deux syndicats agricoles : « On est un village sans étiquette et on veut le rester. On aurait pu dire oui à tout le monde, mais on a décidé l'inverse, c'est plus simple. De plus, on souhaite que la salle soit réservée en priorité aux associations du village. »
Le terme « sans étiquette » a du mal à convaincre la Confédération paysanne. Le syndicat va même jusqu'à publiquement reprocher à Marie-Camille Dugas de préférer « afficher sa proximité politique avec le député Pierre Meurin du Rassemblement National, parti politique d'extrême-droite » : « Pour ne pas prendre position, il convient d'accepter la pluralité et de permettre son expression. »
« Quand le député de la circonscription veut nous rendre visite, on se doit de l'accueillir, lui répond l'élue. Tout comme on a accueilli les sénateurs Burgoa et Bouad. » En conclusion, Marie-Camille Dugas indique être ouverte à l'organisation « d'une fête paysanne mettant à l'honneur les producteurs locaux » ainsi que les agriculteurs « dans un cadre convivial et dénué de toute considération politique ».



