Détroit d'Ormuz : l'Iran prévient qu'il restera fermé
Ormuz : l'Iran maintient la fermeture tant que les USA ne changent pas

Le commandant en chef du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), le général Hossein Salami, a déclaré que le détroit d'Ormuz resterait fermé tant que les États-Unis ne modifieraient pas leur comportement. Cette annonce, rapportée par l'agence de presse officielle iranienne IRNA, intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Téhéran et Washington.

Une menace directe sur le transport pétrolier

Le détroit d'Ormuz, situé entre l'Iran et Oman, est un passage stratégique par lequel transite environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole. Toute fermeture prolongée aurait des conséquences majeures sur les marchés énergétiques mondiaux, déjà volatils. Selon les données de l'Agence internationale de l'énergie, près de 21 millions de barils de pétrole brut transitent chaque jour par ce détroit.

Le général Salami a précisé que cette décision était une réponse directe aux sanctions américaines et aux menaces répétées contre les intérêts iraniens. Il a souligné que l'Iran ne reculerait pas face aux pressions, et que la fermeture du détroit serait maintenue jusqu'à ce que les États-Unis reviennent à une position plus constructive.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des tensions récentes exacerbées

Cette déclaration fait suite à une série d'incidents en mer d'Oman, où des pétroliers ont été saisis par les forces iraniennes. En mai dernier, un navire battant pavillon panaméen a été arraisonné, provoquant une condamnation de la part des États-Unis et de leurs alliés. L'Iran a justifié ces actions par la nécessité de faire respecter ses lois maritimes et de lutter contre la contrebande.

Les États-Unis ont renforcé leur présence militaire dans la région, avec le déploiement de porte-avions et de sous-marins. Le Pentagone a averti que toute tentative de bloquer le détroit serait considérée comme un acte de guerre. Les deux pays semblent engagés dans une escalade dangereuse, sans issue diplomatique claire à ce stade.

Impact sur l'économie mondiale

Les experts estiment qu'une fermeture du détroit d'Ormuz, même temporaire, pourrait faire grimper les prix du pétrole de 30 à 50 % en quelques semaines. Les pays asiatiques, particulièrement dépendants des importations de pétrole du Golfe, seraient les plus touchés. La Chine, l'Inde et le Japon seraient contraints de puiser dans leurs réserves stratégiques, ce qui pourrait créer des tensions supplémentaires.

Les compagnies maritimes commencent déjà à réévaluer leurs itinéraires, et certaines envisagent des routes alternatives, bien que plus longues et plus coûteuses. Le détroit d'Ormuz étant le seul passage vers le golfe Persique pour les pétroliers, les options de contournement sont limitées, notamment via le pipeline trans-arabe ou le terminal de Fujeirah aux Émirats arabes unis, mais leur capacité est insuffisante pour remplacer le détroit.

Réactions internationales

La communauté internationale a réagi avec inquiétude. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a appelé à la retenue et au dialogue. Dans un communiqué, il a souligné l'importance de garantir la liberté de navigation, conformément au droit international. L'Union européenne a également exprimé sa préoccupation, tout en appelant à une désescalade.

La Russie, de son côté, a soutenu l'Iran, dénonçant les sanctions américaines comme étant la cause principale de la crise. Le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré que les actions de Washington étaient provocatrices et menaçaient la stabilité régionale.

Les pays du Conseil de coopération du Golfe, à l'exception de l'Iran, ont appelé à une résolution pacifique, mais certains, comme l'Arabie saoudite, ont renforcé leurs défenses côtières. Le sultanat d'Oman, qui partage la souveraineté du détroit, a proposé sa médiation, mais sans résultat concret pour l'instant.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Des négociations en suspens

Les négociations sur le nucléaire iranien, qui étaient sur le point d'aboutir en 2022, ont été suspendues après le retrait américain de l'accord de 2015. L'Iran a depuis enrichi son uranium à des niveaux proches de ceux nécessaires pour une arme nucléaire, ce qui a accru les tensions. Le général Salami a lié la question du détroit à ces négociations, indiquant que tout progrès diplomatique devait passer par un changement de comportement américain.

Les observateurs estiment que la fermeture du détroit est peu probable à court terme, car elle nuirait également à l'Iran, dont l'économie dépend fortement des exportations de pétrole. Cependant, la rhétorique belliqueuse des deux côtés laisse planer un risque d'incident qui pourrait dégénérer.

En attendant, les compagnies d'assurance maritimes ont augmenté leurs primes pour les navires transitant par la région, et certains armateurs envisagent de suspendre leurs opérations. Le transport de GNL, notamment celui du Qatar, est particulièrement vulnérable, car il emprunte également ce passage.

Conclusion

La menace iranienne de maintenir le détroit d'Ormuz fermé tant que les États-Unis ne changeront pas de comportement constitue un défi majeur pour la sécurité énergétique mondiale. La communauté internationale doit redoubler d'efforts pour éviter une escalade qui aurait des conséquences désastreuses pour l'économie mondiale et la stabilité régionale. La balle est désormais dans le camp de Washington, qui doit évaluer les risques d'une confrontation directe avec Téhéran.