Roland Alméras clôt sa carrière avec des vendanges très précoces
Vendanges très précoces pour la dernière de Roland Alméras

Roland Alméras, vigneron à Salasc et Pégairolles-de-l'Escalette, a commencé ses dernières vendanges avec une précocité exceptionnelle. Le chardonnay a été rentré le 13 août à Pégairolles, soit quatorze jours d'avance par rapport à l'an dernier. La récolte des cépages blancs est de bonne tenue et résiste bien à la sécheresse, mais les rouges souffrent du manque d'eau.

Une récolte blanche prometteuse malgré la sécheresse

Le raisin affichait plus de 13 degrés au mustimètre, ce qui n'a pas laissé de place à l'hésitation. La récolte du viognier et de la roussane suivra une semaine plus tard environ. L'état sanitaire est excellent et la charge est belle pour les cépages blancs, qui ont bien profité de l'ensoleillement exceptionnel et, étant plus précoces, ont mieux résisté à l'absence de pluie depuis trois mois.

En revanche, les cépages rouges souffrent de la sécheresse, surtout les jeunes plantiers, pour lesquels il faudrait 50 à 80 mm de pluie. La vigne se défend au jour le jour, mais il y a un blocage de la maturité et on craint une faible récolte pour la syrah ou le grenache rouge s'il ne pleut pas.

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Une carrière de 64 ans qui se termine

À 77 ans, Roland Alméras a décidé de céder son affaire d'ici l'automne à un jeune vigneron. Il a cueilli ses premiers raisins à 13 ans, en 1962, dans le vignoble familial. En 1971, il a décroché le diplôme d'œnologue, puis a exercé en VRP de matériel viticole, avant de s'installer caviste à Lodève et, enfin, vigneron depuis 1987 sur les terres de ses ancêtres à Salasc et de sa belle-famille à Pégairolles-de-l'Escalette.

« J'ai adoré les multiples facettes du métier, le contact avec les clients, des sommeliers de renom », confie-t-il. Interrogé sur sa longue carrière, il retient le millésime 2003 comme « tout à fait exceptionnel car il compilait la qualité et la quantité ».

Des inquiétudes pour l'avenir de la viticulture

S'il arrête sans regret, on perçoit un enthousiasme entamé par la conjoncture délicate : « La baisse de la consommation de vin au profit de la bière par les jeunes générations, les revendeurs qui prennent trop de marge… Les crises duraient trois-quatre ans et puis il y avait un rebond, là elles s'enchaînent et s'éternisent », déplore-t-il. Face aux conditions météo, il avoue être « désemparé ». Ses dernières vendanges illustrent les défis climatiques et économiques auxquels fait face la viticulture de l'Hérault.

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