En pleine canicule, les abeilles mellifères font face à un défi vital : maintenir le couvain, la zone de la ruche où se développent les œufs, les larves et les futures abeilles, autour de 35 °C. Au-delà, le développement des futures ouvrières est compromis et la mortalité peut grimper rapidement. Une exposition prolongée à 38 °C peut suffire à faire chuter la survie des nymphes, les futures abeilles encore en cours de transformation dans les alvéoles.
Un comportement collectif pour ventiler et refroidir
Pour éviter la surchauffe, la colonie agit comme un seul organisme. Des centaines d’ouvrières se placent à l’entrée et à l’intérieur de la ruche pour ventiler en battant des ailes. D’autres vont chercher de l’eau qu’elles déposent sur les rayons. En s’évaporant, cette eau produit un refroidissement comparable au principe d’un climatiseur naturel.
Lors des épisodes de forte chaleur, certaines abeilles changent même de métier. Au lieu de récolter nectar et pollen, elles deviennent « porteuses d’eau ». Cette ressource est alors aussi précieuse que la nourriture.
Une étude révèle une réorganisation rapide
Une étude publiée dans le Journal of the Royal Society Interface a suivi plusieurs milliers d’abeilles équipées de marqueurs individuels. Lorsque la température ambiante a été artificiellement augmentée, les chercheurs ont observé une réorganisation rapide de la colonie : davantage d’ouvrières se sont déplacées vers les zones périphériques de la ruche et ont modifié leurs activités pour participer au refroidissement collectif.
Cette mobilisation a toutefois un coût énergétique. Les abeilles consacrent moins de temps à la récolte et davantage à la survie immédiate de la colonie.
Une résistance remarquable, mais pas sans limites
Contrairement à une idée reçue, la chaleur n’est pas toujours le danger direct le plus grave. Le problème vient souvent de ses conséquences. Les sécheresses réduisent la production de nectar par les plantes, tandis que l’effort de thermorégulation augmente les dépenses énergétiques de la colonie.
Les scientifiques s’accordent sur l’existence de ce stress thermique et sur les mécanismes de refroidissement mis en œuvre. En revanche, les effets à long terme des canicules répétées restent encore étudiés. Plusieurs travaux suggèrent qu’une chaleur chronique pourrait modifier l’organisation interne des ruches et affaiblir certaines réserves, mais l’ampleur exacte de ces impacts fait toujours l’objet de recherches.
Comment aider les abeilles face aux canicules
Face aux canicules, les abeilles ont besoin d’eau autant que de fleurs. Un simple récipient peu profond garni de cailloux, installé dans un jardin ou sur un balcon, peut leur servir d’abreuvoir sans risque de noyade. Préserver des plantes mellifères résistantes à la sécheresse et limiter l’usage des pesticides contribue également à soutenir ces pollinisateurs lorsqu’ils doivent consacrer une partie de leur énergie à refroidir leur ruche.
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Cet article est réalisé par Le Monde des Animaux et hébergé par 20 Minutes.



