Sur le marché hebdomadaire de plein vent du mercredi matin à Clermont-l'Hérault, seuls deux producteurs saisonniers proposent encore du raisin de table. Cette tradition, autrefois florissante, est aujourd'hui menacée par la concurrence des importations, les aléas climatiques et la baisse de la consommation. La municipalité leur réserve un espace dédié sur les allées Salengro, sans tirage au sort, pour tenter de maintenir cette activité.
Un âge d'or révolu pour le raisin de table
Dans les années 1900, Clermont-l'Hérault était considérée comme la capitale du raisin de table. La production était si importante qu'elle était exportée par chemin de fer jusqu'à Paris. Cependant, à partir des années 1970, les agriculteurs se sont progressivement tournés vers la viticulture, s'adaptant aux nouvelles préférences des consommateurs qui délaissaient le raisin de table au profit d'autres fruits, et répondant à une conjoncture économique favorable aux importations.
André Favas, du Pouget, est présent sur ce marché depuis plus de vingt ans. Bien que retraité, il conserve une vieille vigne de Chasselas qui ravit les amateurs. "Mais les temps sont durs entre les sangliers qui mangent sur pied et les importations d'Italie ou de Grèce. Ce type de cépage est à l'abandon, de plus cette année le soleil a brûlé les grains à devenir rouges", explique l'agriculteur.
Une production familiale et saisonnière
Stéphanie Rocamora, quant à elle, propose la production de sa famille installée à Aspiran. Depuis deux générations, les Rocamora cultivent exclusivement du raisin de table, vendu depuis une trentaine d'années sur le marché et à la propriété. "Pas question de le vendre en supermarché", précise Stéphanie. Son étal varié présente différents cépages selon la saison : du précoce Prima au tardif Servant, aussi appelé raisin de Noël, en passant par le Muscat et les variétés sans pépins.
"Une chose est sûre on n'aide pas assez les viticulteurs et notamment le raisin de table. Une production qui doit faire vivre toute une famille", a conclu la mamé belle-mère de Stéphanie.
Un avenir incertain pour la tradition
La municipalité de Clermont-l'Hérault souhaite perdurer cette tradition en réservant aux producteurs un emplacement dédié d'août à septembre, sans les soumettre au tirage au sort des places. Malgré ces efforts, la production locale reste confrontée à des défis majeurs : les dégâts causés par les sangliers, la concurrence des importations en provenance d'Italie ou de Grèce, et les effets du changement climatique, comme le soleil qui a brûlé les grains cette année. Seuls deux producteurs perpétuent encore la vente de ce fruit sur le marché du mercredi.



