France : Le quota d'abattage de loups relevé à 21% avec des règles de défense assouplies
Le gouvernement français a pris de nouvelles mesures pour la gestion de la population de loups sur son territoire. Un arrêté paru ce mardi au Journal officiel a porté le nombre maximum de loups pouvant être abattus à 21% de l'effectif estimé, contre 19% auparavant. Cette décision concerne environ un millier de loups dénombrés en France et avait été annoncée en janvier sous la pression des syndicats agricoles.
Des procédures de défense simplifiées
D'autres règles ont été assouplies simultanément :
- Dans certaines zones particulièrement exposées, il n'est plus nécessaire d'obtenir une autorisation pour un tir de défense d'un troupeau. Une simple déclaration préalable au préfet est désormais suffisante.
- La procédure pour les tirs de prélèvement, c'est-à-dire indépendamment de l'attaque d'un troupeau en cours, a également été allégée.
- L'arrêté autorise, dans une certaine limite, les tirs de défense pour les éleveurs qui n'ont pas mis en place de mesures de réduction de vulnérabilité.
L'abattage de loups dans le milieu naturel, sauf aux fins de défense des troupeaux reste interdit. Cependant, l'arrêté supprime le loup de la liste française des mammifères terrestres protégés, établie en 2007.
Une réponse jugée insuffisante par les agriculteurs
Si ces mesures constituent une première réponse pour les éleveurs des territoires nouvellement prédatés, elles restent dérisoires face aux dégâts enregistrés chaque année, ont estimé lundi plusieurs organisations dont la FNSEA, le premier syndicat agricole. Cette déclaration faisait suite aux annonces de la ministre de l'Agriculture Annie Genevard.
Malgré la hausse du plafond d'abattage, les organisations, dont la Fédération nationale ovine, jugent ce quota toujours trop bas, sans impact sur le niveau de dégâts. Selon le ministère de l'Agriculture, le nombre d'attaques de loup a augmenté d'environ 10% (4 441 attaques) en 2025 selon de premières estimations.
La position du gouvernement
J'ai procédé à toutes les simplifications possibles, a commenté Annie Genevard, citée dans un communiqué de presse mardi. S'il faut aller plus loin, il faudra modifier la loi, a-t-elle ajouté, reconnaissant ainsi les limites de l'action réglementaire actuelle face aux demandes du secteur agricole.
Ces nouvelles dispositions interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre les défenseurs de la biodiversité et les éleveurs confrontés à la prédation sur leurs troupeaux. La recherche d'un équilibre entre protection de l'espèce et soutien à l'élevage traditionnel reste un défi complexe pour les autorités françaises.



