Les fortes précipitations du samedi 25 juillet ont contraint Les Salins du Midi à interrompre la récolte de sel dans les bassins d'Aigues-Mortes pour une durée d'une semaine. Cette interruption forcée perturbe la campagne 2026, avec une perte estimée à 200 tonnes de fleur de sel sur un objectif total de 1 500 tonnes.
Des précipitations deux fois plus importantes que prévu
Alain Berthelot, chef de production des bassins d'Aigues-Mortes, explique : "Dès le vendredi, nous avons stoppé la récolte et ajouté de la saumure dans les bassins pour pallier les 30 millimètres annoncés. Mais finalement, 60 millimètres sont tombés, soit le double." Les mesures préventives n'ont pas suffi face à l'ampleur des intempéries, classées en vigilance orange orage. Deux mille mètres cubes d'eau de pluie stagnent encore dans les bassins, retardant la reprise des opérations.
Un processus de fabrication dépendant du climat
La production de sel dans les marais salants d'Aigues-Mortes repose sur un équilibre naturel. Chaque année, entre 40 et 50 millions de mètres cubes d'eau de mer, contenant environ 29 grammes de sel par litre, sont acheminés dans les bassins. Sous l'effet du soleil et du vent, l'eau s'évapore progressivement, concentrant le sel jusqu'à former une saumure saturée. Les cristaux de sel sont ensuite récoltés du 1er juillet à la mi-septembre. Les pluies diluent cette saumure, rompant le cycle de cristallisation. "Nous sommes des agriculteurs de la mer, les seuls agriculteurs qui ne veulent pas d'eau de pluie", souligne Alain Berthelot.
Impact sur la campagne 2026
Cette semaine d'arrêt signifie que 200 tonnes de fleur de sel, la fine couche de cristaux qui se forme à la surface des bassins, ne pourront être récoltées. La qualité du sel déjà récolté n'est pas affectée, mais l'objectif annuel de 1 500 tonnes est compromis. Une quinzaine d'ouvriers ont été temporairement redéployés vers d'autres activités du groupe en attendant la reprise.
Perspectives de reprise
Les prévisions météorologiques annoncent un retour du beau temps. Le chef de production espère reprendre la récolte en début de semaine prochaine. Cependant, les 2 000 mètres cubes d'eau de pluie encore présents devront être évacués ou compensés par une évaporation naturelle. Cette interruption, bien que préjudiciable, ne remet pas en cause la pérennité de la production, mais illustre la dépendance des salins aux aléas climatiques.



