Le gouvernement a dévoilé mercredi 5 août 2026 un « plan global d'accompagnement » destiné aux agriculteurs confrontés aux conséquences des canicules, de la sécheresse et des incendies. Ce plan, annoncé par la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, vise à apporter des réponses concrètes en matière de trésorerie, de cotisations sociales et de simplification administrative, alors que l'évaluation des pertes se poursuit dans les départements concernés.
Des mesures d'urgence pour soutenir les exploitations
Le plan prévoit des mesures d'urgence en faveur de la trésorerie des exploitations, des prises en charge de cotisations sociales, ainsi que des dispositifs de simplification et de dérogation. Il inclut également des mesures destinées à faciliter la remise en production des exploitations les plus durement touchées. Le ministère souhaite aussi « adapter les mesures de gestion de l'eau dans le respect du cadre fixé par le guide sécheresse et l'instruction interministérielle de 2023 », afin de « concilier la préservation de la ressource en eau avec la continuité des productions agricoles ».
Une situation critique dans de nombreux départements
Le ministère rappelle que 98 départements sont concernés par la sécheresse, dont 57 sont en situation de crise, avec des restrictions importantes des usages de l'eau. Depuis fin juin, les agriculteurs subissent des vagues de chaleur successives, aggravées par un manque d'eau chronique. Des millions de volailles ont péri, les prairies sont grillées et la production de maïs devrait être historiquement basse. La récolte de blé, déjà terminée, devrait baisser d'au moins 4 %. Les fruits et légumes souffrent particulièrement, surtout en Bretagne, où les cultures non irriguées sont ruinées.
Les syndicats agricoles réclament des actions
La FNSEA, syndicat agricole dominant, a demandé début juillet un plan de soutien exceptionnel et l'inscription d'une enveloppe de crise dans le budget 2027. La Coordination rurale a appelé à une suspension des contrôles administratifs dans les fermes, au versement anticipé des aides européennes et à une « dérogation pour l'agriculture française concernant les réglementations françaises et européennes contraignantes ». La Confédération paysanne a prévenu : « Les braises de la colère agricole qui se sont exprimées ces derniers mois ne sont pas éteintes ».
Des mesures d'accompagnement et de suivi
Une cellule nationale sécheresse est activée au ministère de l'Agriculture, et la ministre a demandé à chaque préfet de désigner un référent sécheresse et de mettre en place une cellule départementale pour établir un diagnostic précis. Les aides du plan seront calibrées sur la base des remontées d'informations de ces cellules. La ministre a également annoncé avoir saisi la Commission européenne pour que la politique agricole commune (PAC) fasse preuve de pragmatisme, afin de permettre aux agriculteurs de toucher leurs subventions malgré les conditions climatiques.



