Seules trois plages privées sont ouvertes cet été à Menton, malgré la volonté municipale d'installer deux plages éphémères supplémentaires. Lors du conseil municipal du 30 juin 2026, plusieurs dossiers liés aux plages ont été débattus, notamment l'annulation de la procédure de délégation de service public (DSP) pour l'exploitation des lots 1 et 9, lancée en septembre 2025. Ces deux sites sont restés vacants en raison de péripéties administratives et judiciaires.
Annulation de la DSP pour les lots 1 et 9
Le premier adjoint, Jean-Christophe Storaï, a justifié cette décision : « Le choix des délégataires n’a pas été fait par l’assemblée élue ayant procédé à la définition et au lancement de la procédure. Cet élément constitue un point faible susceptible de recours. » Il a ajouté qu'il convenait de déclarer la procédure sans suite pour « éviter les risques tenant aux incertitudes susceptibles d’affecter la consultation et/ou de mettre fin à une procédure qui pourrait être entachée d’irrégularité ». Seules deux personnes avaient répondu à l'appel, selon la maire Alexandra Masson.
Projet de plage éphémère et régie municipale
Florent Champion (Menton en action) a interrogé la maire sur l'avenir des lots : « Quand les conditions seront meilleures, vous envisagez de relancer cette DSP ou vous souhaitez conserver ces lots pour de l’activité propre à la ville de Menton ? » Alexandra Masson a répondu : « Un des deux lots, à mon avis, oui. » Plus tôt, il avait été évoqué d'y aménager temporairement une plage dédiée aux enfants et une plage éphémère pour adultes et familles. « Je trouvais idiot qu’on laisse ces deux plages libres, a commenté la maire. Nous avons beaucoup œuvré pour ces solutions mais les services de l’Etat n’ont pas souhaité aller dans ce sens. Selon eux, si l’on monte deux plages éphémères, cela modifie trop le cadre législatif. On a encore un dernier rendez-vous, on se bat jusqu’au bout. Même si c’est juste pour un mois. »
Si le projet aboutit, le choix d'une plage en régie municipale serait fait, sur le modèle d'Antibes. « Vu les prix à Menton et vu le pouvoir d’achat de la population, ce serait formidable d’avoir un intermédiaire entre les plages tout à fait publiques et celles qui sont complètement privées », a déclaré la maire, n'excluant pas la création de plages en régie dans la baie ouest, alors que des discussions avec la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) sont imminentes.
Contentieux en voie de règlement
Cédric Monteiro (Nouvel élan pour Menton) a interrogé sur les recours des anciens attributaires : « Qu’en est-il des recours engagés par les anciens attributaires ? Où en êtes-vous avec les autres plagistes, les discussions ont-elles enfin abouti ? Un accord a-t-il été trouvé pour tourner définitivement cette page ? » Soucieux du calendrier pour les concessions libres et des critères de sélection, il a déclaré : « Nous ne voulons pas que les erreurs d’hier deviennent celles d’aujourd’hui… »
« Vous avez bien raison, nous non plus ! », a plaisanté la maire. « Sur les quatre lots résiliés, en contentieux, nous avons l’accompagnement d’un expert-comptable pour aider à faire le chiffrage et le décompte exact – car il ne s’agit pas d’indemnités. Il devrait nous rendre ses conclusions dans l’été. J’espère qu’on pourra voter la délibération en septembre et régler à l’amiable. »
Nouvelles attributions et ouverture toute l'année
Les équipes municipales travaillent sur les nouvelles attributions et le nouveau cahier des charges, avec des échanges déjà entamés avec l'architecte des bâtiments de France. Une issue est espérée entre septembre et octobre. Grâce au chantier d'endiguement dans la baie est, les plages privées pourront désormais ouvrir toute l'année. « On devrait avoir pour la première fois des plages ouvertes pour la Fête du citron, se réjouit Alexandra Masson. Dans la foulée, on va essayer de relancer les DSP pour les autres lots qui ne sont pas attribués. Évidemment, le but c’est de le faire dans la transparence. Nous avons tous envie que cela redémarre positivement et rapidement. »
Pas de digue à l'ouest
Cédric Monteiro s'est inquiété de l'état de la mer, qui commence à être verte, et a demandé si des études de houle avaient été menées. La maire a reconnu que la couleur de l'eau « n’est pas géniale », mais a expliqué que les travaux les plus impactants sur la circulation de l'eau (le raccourcissement du tenon central dans la baie des Sablettes) n'ont pas encore été lancés. « Ce qui a été réalisé aujourd’hui de manière définitive, c’est la digue anti houle côté Rondelli. D’après le retour des plagistes, cela fonctionne déjà très bien », a-t-elle indiqué.
Interrogé sur la suppression des épis de la plage Hawai, Monteiro a reconnu qu'une telle décision ne peut être contestée. « Toute création d’un nouvel ouvrage – digue ou enrochement – doit être compensée. Si l’on construit d’un côté, il faut supprimer de l’autre… », a-t-il déclaré. Il s'est également interrogé sur un ouvrage de protection dans la baie ouest pour protéger le musée Cocteau, annoncé par la maire lors de la campagne électorale. Alexandra Masson a reconnu que ce projet était une erreur : « On m’a toujours expliqué, à tort, que la vague était venue de l’ouest lors de la tempête Adrian. En réalité, elle est arrivée plein sud. Quand j’avais exprimé le besoin d’une digue, c’était donc une erreur. » D'après les discussions avec la DDTM et le Smiage, seul un renforcement de la digue côté Palmero serait recommandé, sans compensation à faire.



