Nouveau président du Smicval propose un moratoire sur la réforme déchets
Nouveau président du Smicval propose un moratoire

Jean-Philippe Le Gal élu président du Smicval

Ce mardi 19 mai, Jean-Philippe Le Gal a été élu président du syndicat mixte de collecte et de gestion des déchets (Smicval) avec une large majorité de 357 voix sur 430. Premier adjoint de la Ville de Libourne et délégué de la Communauté d'agglomération du Libournais (Cali), il propose un moratoire sur la réforme Néo Smicval et une étude des besoins au plus près des territoires.

Critiques du Grand Cubzaguais

Valérie Guinaudie, présidente de la communauté de communes du Grand Cubzaguais, a exprimé son désaccord lors de l'élection. Elle a déclaré : « Nous n'avons pas souhaité signer le pacte de gouvernance. Et nous n'aurons donc pas de vice-présidence au Smicval du Grand Cubzaguais. » Bien que reconnaissant la nécessité d'une gouvernance apaisée, elle a critiqué la méthode de négociation de Jean-Philippe Le Gal, qu'elle qualifie de « bras de fer ou une clé au bras plus qu'une main tendue ». Le Grand Cubzaguais n'a pas présenté de candidat.

Une crise profonde à résoudre

Jean-Philippe Le Gal a souligné la crise profonde que traverse le syndicat depuis septembre 2022, marquée par des fractures entre intercommunalités et des tensions autour de la réforme Néo Smicval, notamment la remise en cause de la collecte en porte-à-porte. Il a noté que 89 communes sur 137 ont engagé des recours devant les juridictions administratives, qualifiant cette situation d'« anormale et révélatrice d'un dysfonctionnement grave ».

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Le « péché originel » de l'équipe précédente

Selon le nouveau président, l'erreur fondamentale de l'équipe précédente a été d'escamoter les communautés de communes et la communauté d'agglomération, alors qu'elles détiennent la compétence juridique de la collecte et de la valorisation des déchets. Il entend les remettre au cœur du processus décisionnel.

Pas de modèle unique

Jean-Philippe Le Gal a insisté sur le refus d'un modèle unique : « Une large partie de notre population n'est pas prête pour un basculement généralisé vers les points d'apport collectifs. » Il a évoqué la colère des populations rurales face au recul des services publics, tout en affirmant ne pas renoncer à agir. Il souhaite reprendre le dossier avec une méthode plus territorialisée, progressive, concertée et respectueuse des réalités locales.

Enjeux financiers et stratégie d'autonomie

Le traitement des déchets devient de plus en plus cher chaque année, avec des coûts de gazole s'élevant à 80 000 litres par mois pour la collecte. Les coûts d'enfouissement sont pris en étau entre la fiscalité nationale (TGAP en hausse de 380 % en dix ans) et les coûts locaux. Le Gal préconise de valoriser, trier, recycler et développer une stratégie d'autonomie, comme avec le centre de tri TriGironde. Il évoque également l'élimination des déchets et l'économie circulaire.

Redevance incitative mise en sourdine

Jean-Philippe Le Gal a mis en sourdine le projet de redevance incitative, estimant que le territoire n'est pas prêt. Il n'exclut pas une expérimentation à petite échelle sur la base du volontariat. Les élus du Cubzaguais seront attentifs aux volets financier, fiscal et humain.

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