Jeudi 14 mai, d'importantes dégradations ont été constatées au cimetière de Morlaàs, causées par un homme en plein délire. Ce dernier, originaire de l'agglomération de Pau et souffrant d'une pathologie psychiatrique, a également menacé une commerçante avant d'être interpellé lors d'une intervention musclée.
Un incident qui a choqué le village
Le maire de Morlaàs, Joël Segot, a exprimé l'inquiétude suscitée par cet incident. « Quand on a constaté ces dégradations au cimetière, on a tous été très inquiets, on s’est demandé ce qui s’était passé : s’agissait-il d’une profanation, religieuse ou politique comme on peut le voir quelquefois en France ? Mais rapidement, on a reçu un appel de la préfecture qui nous a donné plus de renseignements sur qui avait pu faire ça. Dès lors, on s’est tous mis sur le pied de guerre. »
Un signalement de la famille
Parallèlement, la famille de l'auteur avait signalé son état de crise, indiquant qu'il avait un véhicule et qu'il était susceptible de se déplacer. « Il avait des hallucinations liées à sa pathologie, plutôt d’ordre mystique. Ce signalement a permis à la gendarmerie d’identifier rapidement l’homme. Il y avait cette grande inquiétude d’avoir quelqu’un dans la nature qui était dangereux pour lui-même et pour autrui », a précisé le maire.
Une interpellation musclée
Après son passage au cimetière, l'homme s'est rendu à la maison de la presse du village, où il a menacé plusieurs personnes. « Sur les images de vidéosurveillance de l’établissement, on le voit en train de tenir un objet. Il a finalement pu être sorti par les personnes présentes, dont un membre de sa famille », a raconté Joël Segot. Lui-même s'est rendu sur place au moment où l'individu avait été retrouvé par les forces de l'ordre, non loin du Super U, en divagation. « L’interpellation a été assez musclée, ils ont dû se mettre à quatre gendarmes pour le maîtriser. On a dû diligenter une hospitalisation sous contrainte. » Parmi ses paroles délirantes, l'homme aurait reconnu les faits, mais l'enquête devra le déterminer lorsque son état s'améliorera.
Un soulagement relatif
Le maire a avoué une pointe de soulagement que ces faits aient été commis par quelqu'un qui n'allait pas bien et qui a décompensé, plutôt que par des personnes ayant agi en pleine conscience. Néanmoins, ces agissements, surtout au cimetière, ont suscité beaucoup d'émoi. Dès le jeudi, de nombreuses personnes concernées par les concessions sont venues au cimetière. La mairie portera plainte une fois le préjudice chiffré. « Dès le lendemain matin, très tôt, on était avec les services pour tout remettre en ordre dans le cimetière et le nettoyer de sorte qu’il n’y ait pas de trace durable de ce qui s’est passé. Les sépultures n’ont toutefois pas été touchées, si ce n’est le colombarium. Cette histoire a pris beaucoup d’ampleur… »
Des événements rapprochés qui interrogent
L'idée que l'homme ait pu être en rupture de soins émerge à la lumière des faits. Ce n'est pas le seul événement marquant impliquant des personnes en souffrance psychique dans l'agglomération paloise ces dernières semaines. Le 29 mars, un trentenaire s'était retranché dans son appartement sur le boulevard des Pyrénées à Pau, menaçant de faire sauter tout l'immeuble, avant d'être interpellé et sédaté. Le 1er avril, un autre homme souffrant de problèmes psychiatriques s'était retranché dans son appartement avenue Mermoz à Pau, menaçant les forces de l'ordre avec des armes blanches, avant l'intervention du Raid. Ces événements posent la question de l'efficience et de la régularité de la prise en charge des profils psychiatriques.



