Une adaptation nécessaire face à la chaleur
Dans les Alpes-Maritimes, les maraîchers doivent faire face à des températures de plus en plus élevées. Mariano Zarate, maraîcher à Saint-Jeannet, cultive un hectare de fruits et légumes bio en terrasses. Malgré les 30 °C, il reste serein grâce à des installations adaptées. Installé en 2023, cet ancien ingénieur agronome argentin était déjà sensibilisé aux enjeux de la hausse des températures et de la gestion de l'eau.
Des techniques innovantes pour préserver les cultures
Pour faire face à la chaleur, Mariano Zarate a investi dans des systèmes de goutte-à-goutte, qui apportent eau et nutriments directement aux racines, limitant ainsi les pertes. Il utilise également des paillages de couleur blanche pour réfléchir la chaleur, ou des paillages tissés réutilisables jusqu'à dix saisons. Ces investissements ont été soutenus par le département des Alpes-Maritimes via le dispositif Aide à l'investissement et à la Modernisation des Exploitations Agricoles (Aime).
Des diagnostics locaux pour anticiper
Serge Graverol, chef du pôle végétaux à la Chambre d'agriculture des Alpes-Maritimes, explique que les coups de chaleur provoquent une évapotranspiration importante, réduisant l'humidité du sol et les réserves en eau. Les plantes subissent brûlures, modifications de leur cycle biologique et ralentissement de leur croissance. Pour prévenir ces effets, la chambre d'agriculture utilise l'outil Climadiag, une enquête nationale qui fournit des données précises sur l'amplitude thermique, le nombre de jours chauds, les précipitations et le bilan hydrique, parfois à l'échelle d'une exploitation. Une vingtaine d'exploitations bénéficieront d'un diagnostic personnalisé sur trois ans pour développer des bonnes pratiques.
Échanges de bonnes pratiques et organisation du travail
Mariano Zarate souligne l'importance du travail en réseau, notamment avec l'association Agribio06, qui informe ses membres des mesures à prendre en cas de fortes chaleurs. L'organisation du travail évolue également : les maraîchers commencent plus tôt le matin et reprennent plus tard dans la journée, lorsque la chaleur diminue. « Désormais, on est préparé à l'imprévisible », conclut Serge Graverol, sans pour autant être alarmiste.



