Dans les dossiers devenus tabous à l'Assemblée nationale, l'acétamipride figure en tête de liste. Cet insecticide, prisé par certains producteurs de betteraves, noisettes ou cerises, a vu sa réintroduction censurée par le Conseil constitutionnel l'été dernier, dans le cadre de la controversée loi Duplomb. Aujourd'hui, ce néonicotinoïde refait surface à l'occasion de l'examen du projet de loi d'urgence agricole du gouvernement, qui débute ce mardi 19 mai en séance publique.
Un retour contesté
Malgré le refus de l'exécutif d'inclure cette mesure dans son texte, les défenseurs de l'acétamipride, jugé toxique par les associations environnementales, multiplient les initiatives pour ajouter sa réintroduction au projet de loi. En première ligne, la vice-présidente RN de l'Assemblée nationale, Hélène Laporte, a déposé quatre amendements visant à accorder une dérogation pour les producteurs de betteraves sucrières, de cerises, de noisettes et de pommes. Elle exhorte les députés à « assumer leurs positions » sur ce sujet sensible.
Des alternatives insuffisantes
Les filières agricoles concernées, notamment celles de la betterave et de la noisette, réclament cet insecticide en raison de l'absence d'alternatives solides pour lutter contre les ravageurs. La réintroduction de l'acétamipride avait été initialement votée dans la loi Duplomb, mais le Conseil constitutionnel avait censuré cette disposition, estimant qu'elle ne respectait pas les procédures législatives. Depuis, le débat reste vif entre les partisans d'une agriculture compétitive et les défenseurs de l'environnement.
Les discussions parlementaires s'annoncent houleuses, alors que le gouvernement tente de concilier les impératifs de production agricole et les engagements écologiques. Le sort de l'acétamipride pourrait bien devenir un test pour la majorité, divisée sur la question.



