Kenya : réconcilier la jeunesse avec l'agriculture
Kenya : réconcilier la jeunesse avec l'agriculture

Le gouvernement kenyan a dévoilé, mardi 11 août, un vaste programme visant à réconcilier la jeunesse avec l'agriculture, un secteur longtemps délaissé par les moins de 35 ans. Cette initiative, présentée par le ministère de l'Agriculture, prévoit des incitations financières, des formations techniques et un accès facilité au foncier. Objectif affiché : réduire le chômage des jeunes, qui touche près de 35 % des 15-34 ans, tout en renforçant la sécurité alimentaire du pays.

Un secteur en quête de main-d'œuvre

L'agriculture représente environ 33 % du produit intérieur brut (PIB) du Kenya et emploie plus de 40 % de la population active. Pourtant, la moyenne d'âge des agriculteurs dépasse 60 ans, et les jeunes boudent ce secteur, jugé peu rentable et physiquement exigeant. Le gouvernement espère inverser cette tendance en proposant des aides à l'installation, des subventions pour l'achat d'intrants et un accompagnement personnalisé.

Le programme, doté d'un budget initial de 5 milliards de shillings kenyans (environ 40 millions d'euros), vise à former 100 000 jeunes d'ici 2027. Des centres de formation seront ouverts dans les 47 comtés du pays, avec des modules sur les techniques modernes, la gestion d'exploitation et l'utilisation des technologies numériques. Les jeunes intéressés pourront également bénéficier de prêts à taux zéro pour démarrer leur activité.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des défis à surmonter

Malgré ces mesures, des obstacles demeurent. L'accès à la terre reste un problème majeur, car les terres agricoles sont souvent détenues par des familles ou des communautés. Le gouvernement prévoit de faciliter les baux à long terme et de créer des zones agricoles dédiées aux jeunes. Par ailleurs, le changement climatique et la rareté de l'eau menacent les rendements. Des investissements dans l'irrigation et des variétés résistantes à la sécheresse sont prévus.

Selon le ministre de l'Agriculture, cité par le quotidien Nation, « cette initiative est cruciale pour l'avenir du pays. Nous devons montrer aux jeunes que l'agriculture peut être une activité rentable et innovante ». Il a également insisté sur la nécessité de moderniser le secteur pour attirer les nouvelles générations.

Un impact attendu sur l'économie et la société

Si le programme atteint ses objectifs, il pourrait créer des milliers d'emplois et réduire la dépendance aux importations alimentaires. Le Kenya importe actuellement près de 20 % de ses denrées de base, notamment le maïs. Une main-d'œuvre jeune et formée pourrait augmenter la production locale et stabiliser les prix. Les autorités espèrent également que cette dynamique contribuera à apaiser les tensions sociales, souvent alimentées par le chômage des jeunes.

Des organisations non gouvernementales et des entreprises privées ont déjà exprimé leur soutien, promettant des partenariats pour faciliter l'accès aux marchés et aux technologies. Le gouvernement prévoit un premier bilan dans six mois, avec des ajustements en fonction des résultats.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale