Le préfet du Var, Simon Babre, a annoncé ce mardi 11 août un dispositif d'aide à la trésorerie pour les agriculteurs sinistrés par l'incendie du Gros Bessillon, qui a brûlé pendant dix-huit jours avant d'être maîtrisé. Lors d'une tournée sur le terrain, il a écouté les témoignages des exploitants touchés et promis une adaptation du texte gouvernemental aux spécificités varoises.
Une tournée au plus près des sinistrés
Accompagné d'élus locaux, de représentants de banques et d'assurances, Simon Babre a visité plusieurs exploitations : la Ferme du Bessillon à Cotignac, le Jardin l'Orée d'Argens à Correns, et les Caves du Commandeur à Montfort. Les agriculteurs ont décrit leurs pertes directes et leur détresse économique, comme Stéphanie Bernardi, éleveuse, qui a dû jeter une partie de sa production et a vu la moitié de ses vaches se tarir, avec un avortement parmi ses bêtes.
« On a plein de questions angoissantes et on a besoin de réponses », a lancé l'éleveuse au préfet. Coralie Gauthier, maraîchère, s'inquiète pour ses deux salariés : « J'en suis à me poser des questions. » Pour l'instant, seuls des échelonnements de prélèvements sont prévus, ce que Stéphanie Bernardi juge insuffisant : « Étaler nos dettes, ça ne nous aidera pas. »
Un dispositif d'aide en préparation
La Chambre d'agriculture du Var a recensé une soixantaine d'exploitants touchés : une douzaine d'éleveurs, quatre apiculteurs, une dizaine de maraîchers et surtout des viticulteurs. Simon Babre a indiqué que « le gouvernement est en train de mettre le dernier coup de plume à un dispositif d'aide à la trésorerie », un « outil omnibus » qui devra intégrer des conséquences variées, comme les vignes dégradées par le retardant ou les sangliers affamés qui ravagent les cultures.
« On va y arriver ! », a-t-il répété, assurant que « les assurances se sont engagées à ce que le traitement soit exemplaire ». Mais certains sinistrés restent sceptiques, à l'image de Stéphanie Bernardi : « Mon assureur m'a dit “il aurait mieux valu que votre exploitation brûle”. » Le préfet a reconnu que certaines pertes, comme la perte de fond et de récolte, « s'évaluent sur des saisons entières ».
Des réflexions pour l'avenir
Au-delà des aides immédiates, Simon Babre a évoqué des enjeux de long terme. Il a proposé à la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, que « les dispositifs de préservation de la faune et de la flore soient considérés comme de la même valeur que les ouvrages de protection contre les incendies ». La question de l'extension du réseau du Canal de Provence pour la ressource en eau a aussi été soulevée.
Une réunion est prévue en septembre sur l'aménagement du territoire, avec des thèmes comme « plus de sobriété, plus de coupe-feu », selon le préfet. André Lanza, président de la FDSEA du Var, a insisté : « Aujourd'hui, on parle, mais demain, il faut travailler pour que tout ça ne soit pas qu'un feu de paille. »
L'incendie n'est pas encore officiellement éteint, Simon Babre comptant sur la pluie annoncée la semaine prochaine pour clore cet épisode dramatique.



