Le gouvernement a dévoilé ce vendredi un plan d'aide d'urgence de 50 millions d'euros destiné aux agriculteurs confrontés à la hausse vertigineuse du prix des engrais, ainsi qu'une stratégie à long terme pour réduire la dépendance de la France aux importations.
Une enveloppe de 50 millions d'euros pour faire face à l'urgence
Cette enveloppe de 50 millions d'euros vise à soutenir les exploitations les plus touchées par l'augmentation des coûts des engrais, qui ont bondi de près de 30% en un an. Selon le ministère de l'Agriculture, ces aides seront versées sous forme de crédits d'impôt et de subventions directes, prioritairement aux élevages et aux cultures spécialisées.
« Nous devons agir vite pour éviter une crise de trésorerie dans les fermes », a déclaré le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, lors d'une conférence de presse. Il a précisé que les demandes pourront être déposées dès la semaine prochaine.
Une stratégie pour sortir de la dépendance aux importations
Au-delà de l'urgence, le gouvernement a présenté une feuille de route sur cinq ans visant à réduire de 20% la dépendance aux engrais importés, notamment en provenance de Russie et d'Afrique du Nord. Cette stratégie repose sur trois piliers : le développement des engrais de synthèse produits localement, la promotion des alternatives biologiques (comme les engrais verts ou le compost), et l'optimisation de l'utilisation des engrais via l'agriculture de précision.
« L'objectif est de renforcer notre souveraineté alimentaire tout en réduisant l'empreinte carbone du secteur », a souligné le ministre. La France importe actuellement environ 60% de ses engrais azotés, une dépendance jugée « trop élevée » par le gouvernement.
Des mesures concrètes pour accompagner les agriculteurs
Parmi les mesures annoncées, un fonds de 10 millions d'euros sera dédié à la recherche sur les engrais alternatifs, et des formations seront proposées aux agriculteurs pour optimiser leurs pratiques. Une expérimentation sera également lancée dans cinq régions pour tester des outils numériques d'aide à la décision.
Les syndicats agricoles ont salué l'initiative, tout en appelant à des mesures plus structurelles. « C'est un premier pas, mais il faudra aller plus loin pour garantir des prix stables aux producteurs », a réagi la FNSEA dans un communiqué.
Un contexte de tensions sur les marchés mondiaux
Cette annonce intervient dans un contexte de flambée des prix des engrais, liée à la guerre en Ukraine et à la hausse des coûts de l'énergie. Le prix de l'urée, un engrais azoté très utilisé, a augmenté de près de 40% sur un an, selon les données du ministère.
Le gouvernement espère que ces mesures permettront de stabiliser les coûts pour les agriculteurs à court terme, tout en préparant l'agriculture française aux défis de demain.



